État d’urgence : l’État policier pour éluder tout bilan critique: et tout cela,sous un gouvernement « socialiste », …

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État d’urgence : l’État policier pour éluder tout bilan critique

Paris, le 19 novembre 2015 — L’Assemblée nationale a voté aujourd’hui le projet de loi sur la refonte de l’état d’urgence1, adopté en extrême urgence dans un climat de surenchère autoritaire sans précédent. La Quadrature du Net s’inquiète de plusieurs mesures contenues dans la loi, notamment concernant les perquisitions informatiques, la censure d’Internet et la liberté d’association. À rebours de toute réflexion de fond sur les causes profondes des attentats et la manière de régler une situation complexe, la classe politique dans son ensemble se désavoue elle-même en répondant par la restriction générale des libertés publiques à une attaque sans précédent contre nos libertés.
pour votre sécurité

Si le projet de loi précise et actualise un certain nombre de points, notamment en rouvrant une possibilité de recours administratif, La Quadrature du Net regrette profondément qu’il soit refondu dans des délais rendant impossible un examen serein et un débat éloigné des émotions actuelles. Les modifications qui sont faites sur le texte ne sont pas anodines et touchent profondément aux libertés fondamentales. La Quadrature du Net appelle les sénateurs qui voteront le texte demain à adopter des amendements visant à restreindre la portée temporelle de l’état d’urgence, à renforcer le contrôle judiciaire et à borner strictement toutes les mesures exceptionnelles afin d’éviter toute utilisation de l’état d’urgence à des fins autres que celles ayant justifié sa déclaration.

En effet, les mesures votées sous pression du gouvernement par les députés en ce jour touchent aux fondements des libertés publiques et individuelles :

  • Tout d’abord sur la prorogation de 3 mois de l’état d’urgence, qui n’est pas justifiée par d’autres motifs que celle de s’affranchir du principe de séparation des pouvoirs. Depuis le début de l’état d’urgence samedi dernier, nombre de perquisitions administratives conduites le sont pour des affaires relevant du droit commun, sans aucun lien avec la lutte antiterroriste, et préfigurent un État policier que la prorogation de trois mois risque de banaliser.
  • Au sujet de la perquisition administrative, l’extension aux appareils électroniques et informatiques ne se limite pas à la copie des éléments trouvés sur les appareils, mais permet également la saisie de l’ensemble des éléments et documents « accessibles à partir du système initial ou disponibles pour le système initial ». En dehors de tout contrôle strict par l’autorité judiciaire, c’est donc open bar pour aller chercher de façon extrêmement large n’importe quelle information sur n’importe quel appareil électronique ou informatique de résidents français, et notamment toute information accessible via des identifiants, mots de passe collectés lors d’une perquisition, tout contenu stocké sur Internet, etc.
  • Les députés ont également voté un amendement permettant au Ministre de l’Intérieur de faire bloquer sans délai tout site Internet « faisant l’apologie du terrorisme ou provoquant à des actes de terrorisme ». Ce blocage administratif et secret, instauré avec la loi antiterrorisme de 2014 qui confiait déjà cette possibilité aux services de police, ne bénéficiera d’aucun contrôle judiciaire (pas même celui de la CNIL prévu en temps normal).
  • En ce qui concerne l’assignation à résidence, il est à noter que la nouvelle rédaction allège sensiblement les conditions nécessaires à cette mesure gravement attentatoire aux libertés individuelles : là où le texte de 1955 demandait que l’ « activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics », le projet de loi prévoit quant à lui de s’appliquer au personnes pour lesquelles il existe des « raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics », formulation beaucoup plus large et floue. Aucune définition des « raisons sérieuses » n’est donnée. L’étude d’impact explique que les personnes visées sont celles « qui ont appelé l’attention des services de police ou de renseignement par leur comportement ou leurs fréquentations, propos ou projets ». Cette mesure laisse donc la porte ouverte à des interprétations très larges, d’autant plus graves que les mesures prises en état d’urgence ne sont pas garanties par l’intervention du juge judiciaire.
  • De même, le texte précise que cette assignation se fera sur des lieux déterminés par le Ministre de l’Intérieur, ce qui ouvre la voie aux pires demandes de rétention évoquées dans la classe politique (certains ayant évoqué des « camps d’internement »), avec possibilité de placement sous bracelet électronique.
  • Concernant la dissolution de groupes et d’associations, la procédure permet une interprétation très large et donc une atteinte grave à la liberté d’association, en décrivant des associations qui « participent à la commission d’actes portant une atteinte grave à l’ordre public, ou dont les activités facilitent cette commission ou y incitent », ce qui permettrait d’y inclure nombre d’associations promouvant, par exemple, l’utilisation de technologies de chiffrement qui sont utilisées certes par des criminels, mais surtout principalement par de nombreux citoyens innocents. Cette crainte est renforcée par le fait que les pouvoirs extraordinaires conférés au pouvoir administratif par l’état d’urgence sont actuellement utilisés pour des affaires sans lien avec l’anti-terrorisme.

« Le débat et le vote de la loi sur l’état d’urgence à l’Assemblée nationale montrent que les députés et le gouvernement sont dans le déni complet de la situation actuelle. Ce vote marqué par une ambiance d’acharnement contre l’État de droit et la séparation des pouvoirs montre que la France est bien loin d’avoir entrepris le travail nécessaire à un vrai règlement du risque terroriste dans toute sa profondeur. Nous appelons les citoyens à marquer leur désapprobation auprès de leurs représentants de manière très claire, puisque c’est au nom de leurs craintes que les députés, paniqués, sacrifient aujourd’hui les libertés. Ils croient ainsi créer un illusoire sentiment de sécurité en mettant en place, pour plusieurs mois, un État réellement policier2. Devant ce vote en sur-urgence3, il ne nous reste plus guère que la possibilité de documenter le désastre, en espérant un sursaut proche. » déclare Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

La Quadrature du Net vous invite à appeler vos députés pour leur demander d’ouvrir une enquête parlementaire d’investigation sur les lois de surveillance et antiterroristes : la réponse aux attentats ne peut pas être qu’une baisse des libertés ! Agissez maintenant pour demander un vrai bilan !

  • 1. Le texte a été adopté à 551 voix contre 6.
  • 2. La principale caractéristique de l’état d’urgence étant de placer entre les mains de la police les prérogatives normalement attribuées au pouvoir judiciaire
  • 3. Texte présenté en conseil des ministres mercredi matin, en commission des lois de l’Assemblée nationale le même jour, votée à l’Assemblée nationale jeudi matin, en Commission des lois du Sénat jeudi après-midi, au Sénat vendredi matin
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Une opinion de Karim Sheikh Hassan, avocat au barreau de Bruxelles, piquée dans la « Libre »,…

Une opinion de Karim Sheikh Hassan, avocat au barreau de Bruxelles, piquée dans la « Libre »,… À noter toutefois, qu’il y a encore 4 ans, sous la « sinistre » « dictature » de Assad, le peuple syrien vivait encore en paix. Comme toujours, cette guerre « civilee,  est partie d’ une des frontières de la Syrie, de la part d’ opposants « démocrates », venue et fomentée de l’ extérieur. Elle n’ a plus cessé de s’ étendre, … De plus la Syrie de Assad accueillait des centaines de milliers de réfugiés, fuyant les guerres d’ agressions déclenchées par les Ricano-occidentaux, …

Début avril, plusieurs naufrages ont coûté la vie à plus d’un millier de personnes qui tentaient de rejoindre le continent européen. Ces tragédies ont suscité un ballet de réactions désolées des responsables européens qui semblaient enfin prendre la mesure de l’ampleur de la catastrophe. Le cynisme de cette prétendue prise de conscience des dirigeants européens semblait déjà évident tant cette hécatombe était prévisible. Elle était en effet la conséquence logique d’une politique migratoire essentiellement sécuritaire et mortifère.

Aujourd’hui, force est de constater que les mesures prises à la suite de ces naufrages sont plus irresponsables que jamais. Le conseil extraordinaire qui a suivi la série de drames survenus en avril n’a fait que renforcer l’orientation résolument sécuritaire des politiques européennes. La première mesure « majeure » a été de renforcer Frontex, agence investie d’une double fonction.

D’une part, elle a pour mission première de renvoyer les migrants dans leurs contrées. D’autre part, elle s’occupe également de conclure des accords avec les pays de départ pour que ces derniers s’occupent des migrants en amont. Elle externalise ainsi un maximum leur prise en charge, évitant de s’embarrasser des standards européens de protection des droits de l’homme.

Par le renforcement de Frontex, l’UE consolide délibérément sa forteresse, augmentant les risques pris par les migrants pour rejoindre le continent et donc leurs chances d’y laisser leur peau.

La deuxième mesure « phare » a été de donner plus de moyens financiers à l’opération Triton dont la mission est essentiellement de surveiller les embarcations dans les eaux territoriales européennes. Si l’on peut se réjouir d’un tel refinancement, cette avancée semble tout de même bien insuffisante. En effet, l’objectif de cette mission reste prioritairement la surveillance et l’interception des passeurs, contrairement à l’opération Mare Nostrum qui l’avait précédée et dont l’objectif était de sauver les embarcations en danger et ce jusqu’aux côtes libyennes. Or, il semble évident que ce n’est pas en se contentant de neutraliser certains passeurs et d’augmenter les moyens mis en œuvre pour détruire des embarcations que l’UE trouvera une solution globale qui évitera de futurs naufrages.

En parallèle, l’Union reste désespérément incapable de définir une politique plus juste permettant d’accueillir ces personnes risquant leurs vies pour traverser la Méditerranée. Cette incapacité patente est d’autant plus terrible que les Etats de l’UE savent que l’écrasante majorité des migrants fuient un contexte désastreux où ils subissent les affres de la guerre ou de la misère.

En effet, selon les sources officielles (l’OIM notamment), la majorité des naufragés des derniers mois proviennent de l’Érythrée et de la Syrie. Ces deux pays ont pour point commun d’être dirigés par des dictatures d’une violence inouïe, de vivre une catastrophe humanitaire terrible et pour le cas de la Syrie une des guerres les plus meurtrières des dernières années. Dans les deux cas, comme d’ailleurs dans tous les phénomènes migratoires, la grande majorité des réfugiés s’installent dans des pays avoisinants.

Ainsi, par exemple, plus d’un million de Syriens se sont réfugiés au Liban alors que la population initiale de ce pays n’était que de 3 millions et demi d’habitants. A la lumière de ces constats, l’incapacité des 28 ministres de l’intérieur réunis cette semaine à organiser la répartition de 40 000 demandeurs d’asile syriens et érythréens dans le territoire européen a de quoi faire froid dans le dos. Et ce d’autant plus quand on analyse ce chiffre à l’aune de l’estimation du Haut-commissaire aux Droits de l’Homme pour les Nations Unies, selon laquelle l’UE pourrait accueillir un million de nouveaux réfugiés sur son territoire sans en subir de conséquences négatives.

De manière plus générale, doit-on réellement blâmer les populations issues des autres pays africains et orientaux dont l’histoire a été marquée par une relation de pillage quasi systématique de leurs richesses (via entre autres la colonisation, les plans d’ajustement structurels, la fuite des cerveaux et immigration sélective, l’ingérence politique et économique et maintenant le réchauffement climatique…) ? Ne serait-il pas temps d’installer des canaux légaux d’immigration qui permettraient d’éviter que, dans les dix prochaines années, plus de 22 400 personnes ne périssent à nouveau en mer ?

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COURCELLES: 2,5 millions disparus des comptes de la Ville

Subject: COURCELLES: 2,5 millions disparus des comptes de la Ville

Courcelles: RoRo: je précise les majorités successives à COURCELLES depuis 1994 (1995 – 2000: PS; 2001-2006: PS-Cdh; 2007-2012: PS-Mr; 2013 à 2018: Mr-CDH-Ecolo; 2009 – ???)… Bref, TOUS dans le même bain, …: les Courcellois vont devoir faire un peu plus ceinture… Comment peut-on en effet boucher un trou de sable avec de l’ air, et vice-versa,… ? Ce sera enfin le changement promis, aux électeurs, … !

2,5 millions disparus des comptes de la Ville:

Subsides jamais perçus, dépenses non justifiées : un audit a dévoilé une série d’anomalies

E.V.

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Pour Caroline Taquin et Hugues Neirynck, l’audit a permis d’éviter la faillite virtuelle.

T.P.

Coup dur pour la commune de Courcelles. La directrice financière a analysé en profondeur les comptes communaux depuis 2001 et a constaté une série d’anomalies. Erreurs comptables, montants inscrits mais non perçus réellement, dépenses non justifiées… Conséquence, et de taille : la Ville a découvert que sa réserve financière n’était pas aussi importante qu’elle le pensait. Plus de 2,5 millions d’euros se volatilisent des bonis cumulés !

« L’année noire tant redoutée par le Collège, l’année noire que nous évoquions dans nos différentes présentations de budgets et de comptes ces trois dernières années est là… Depuis notre début de mandat, nous nous demandions pourquoi il y avait une différence importante entre le résultat du compte et notre trésorerie. Même si nous avions des doutes, nous avons maintenant une certitude, dévoile Hugues Neirynck, échevin des finances de Courcelles. Aussi loin que nous pouvons remonter, soit en 2001, l’ensemble de la comptabilité de notre commune comporte de nombreuses anomalies. »
Cette découverte pour le moins interpellante a été réalisée par la nouvelle directrice financière qui a effectué un état des lieux complet et approfondi de la situation financière. « Suite à un audit découvert dans les tiroirs et datant de… 2007, nous avons demandé à notre nouvelle directrice financière, en poste depuis plus ou moins un an, de décortiquer ce document et d’éplucher avec minutie les comptes communaux depuis 2001 , explique Caroline Taquin, la bourgmestre. Résultat : plus de 2,5 millions d’euros qu’on devait avoir et qui étaient inscrits sont non perçus réellement. Une énorme perte ! »
Argent virtuel

Le rapport accablant rendu par la directrice financière épingle quatre types d’anomalies. « Il y a tout d’abord des erreurs comptables. Deuxièmement, on constate des droits toujours ouverts mais prescrits qu’il faut mettre en irrécouvrables , détaille l’échevin des finances. Concrètement, ce sont des sommes qui sont inscrites dans la comptabilité car nous devions en bénéficier. Pourtant, la commune n’en a jamais vu la couleur. Ce sont, par exemple, des subsides qui nous ont été accordés et qui n’ont jamais été versés sur notre compte. Il y a une trace écrite comme si cela avait bien été fait… » (?????)
Le rapport fait également état d’imputations en dépenses non payées depuis plusieurs années et de comptes d’attente qui comprennent des dépenses non justifiées. « Pour ces derniers, nous devons prévoir les crédits pour un montant de 312.658 euros. »
Plus que 1,7 million

Bref, les conséquences de ces irrégularités sont dramatiques pour les finances de la commune et donc pour les citoyens. « Nous allons devoir faire face à un total de pertes nettes de plus de 2,5 millions. Cela va faire fondre nos réserves , déplore, en colère, Caroline Taquin. En trois ans de majorité, nous avions engrangé près de 4,2 millions d’euros de bonis cumulés. Après tout ça, ils dégringolent à 1,7 million. Heureusement, que notre gestion des deniers publics était mesurée et prudente. Imaginez si on avait injecté toutes nos prétendues réserves dans un projet. Une catastrophe ! »
Le constat est là. L’heure est maintenant à la recherche d’explications. « Comment une situation pareille a-t-elle bien pu être possible ? Les premières analyses font penser que non, ici, il n’est pas question de détournement. Mais bon, nous n’en sommes pas encore certains à 100 % , pointent les politiques. Pour nous, cette situation semble avant tout être le fruit d’erreurs d’encodage, d’un manque flagrant de rigueur. L’ancienne majorité a fait miroiter une situation comptable saine alors qu’elle n’était que mensonges et facéties. »
Ils concluent : « Notre mission va maintenant être de maîtriser les dépenses. Par contre, nous ne procéderons ni à des suppressions d’emplois ni à des augmentations ou créations de taxes. Hors de question de toucher aux recettes (????). Nous n’allons pas pénaliser la population pour la mauvaise gestion du passé dont nous (???), comme elle, ne sommes pas responsables. » ,…

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BELGIQUE: Une proposition de cinglé, venant d’ un « démocrate » « h umaniste » et catho, qui n’ a certainement pas de proposition plu s intéressante et sérieuse à proposer aux jeunes, de 16 à 35 ans , …

ROMAIN Roger de Courcelles, a/conseiller communal Pcb, a/militant politique 36 min ·

BELGIQUE: Une proposition de cinglé, venant d’ un « démocrate » « humaniste » et catho, qui n’ a certainement pas de proposition plus intéressante et sérieuse à proposer aux jeunes, de 16 à 35 ans, …

Une première conclusion qui me vient d’ emblée à l’ esprit: pendant ces 100 jours, et pendant cette période OBLIGATOIRE, des centaines de milliers de jeunes devront aller BOSSER gratos, alors qu’ il n’ y a déjà pas assez de boulot pour leur offrir un travail RÉMUNERÉ à leur sortie des études, …

Une deuxième réflexion: si mettons entre 25 et 35 ans, vous n’ avez pas encore suffisamment de sens civique, solidaire, collectif, social, responsable, sociétal…, vous n’ en aurez jamais ?… Ils seront sans doute aussi obligés d’ aller nettoyer les parterres des églises, à charge de nos communes, et ceux de la Cour du Roi, de nos princes,… (???):

Une question: les organisation de jeunes, d’ étudiants, d’ enseignants, …, ont-elles été consultées, avant cette proposition miracle du (s)ministre CDH ??? Lutgen va sauver la Société Belge, … ou a attrapé un coup de soleil pendant ses vacances, … !

Nul doute que sa proposition sera immédiatement appuyée par la N-Va et les ultras libéraux du Mr et du Vld !!!. Il n’ y a pas que le CDH qui songe actuellement à la « Jeunesse ». Ses petits copains au pouvoir en Allemagne envisagent de restaurer le service militaire obligatoire… Sans doute pour préparer le prochain Mondial ou les prochains jeux olympiques, …

RoRo

EXCLUSIF – Pour tous les jeunes

100 jours de « parcours citoyen » obligatoires

Le président du cdH Benoît Lutgen propose qu’on l’accomplisse avant l’âge de 35 ans

Propos recueillis

par Christian Carpentier

Pour sa rentrée politique, Benoît Lutgen déposera un projet de «parcours citoyen».

reporters

U n « parcours citoyen » de 100 jours à accomplir dans une association entre 18 et 35 ans, sous peine de sanction. C’est le projet que le chef de file des démocrates humanistes dépose sur la table à l’occasion de sa rentrée politique. Il en dévoile en exclusivité le contenu à Sudpresse.

Instaurer un service citoyen obligatoire pour les jeunes ? L’idée a fait débat en France cet été, soutenue notamment par le socialiste Arnaud Montebourg ou le centriste François Bayrou. Elle débarque à présent aussi chez nous. Et c’est le président du cdH qui la met sur la table, à l’occasion de sa rentrée politique, qu’il a choisi de faire dans Sudpresse.

« Cela fait plusieurs mois que j’y réfléchis », nous indique Benoît Lutgen. « J’ai d’ailleurs déjà rencontré certaines associations au début de l’été, pour prendre le pouls. J’ai peaufiné le projet pendant mes vacances, et à présent je vous le présente. »

Et en quoi consiste-t-il ?

« Je propose d’instaurer un parcours citoyen au niveau fédéral. Il consisterait à faire prester 100 jours à tous les jeunes, entre 16 et 35 ans, dans une association ou un mouvement reconnu. »

Dans quel but ?

« L’objectif, c’est d’ancrer en chacun de ces jeunes les valeurs qui fondent notre société : la tolérance, la lutte contre les extrémismes, l’ouverture aux autres, le respect des différences… C’est un socle fondamental pour une vie harmonieuse. »

Est-ce lié aux événements récents, aux attentats ?

« On peut faire le lien avec cela, mais ce n’est pas la seule explication. Mon constat date d’avant tout ça. Cela fait longtemps que j’y réfléchis. Il y a un manque flagrant de compréhension de l’autre et de tolérance à son égard, dans notre société. Avant, le service militaire permettait une certaine mixité sociale, une découverte de l’autre, un apprentissage à partager avec lui. Ce n’est plus le cas. »

Vous êtes nostalgique de ce que cela offrait ?

« C’était clairement un élément positif. On se retrouvait ensemble, par-delà ses origines, son milieu. Mais je ne vis pas dans la nostalgie, je vis le monde tel qu’il est. »

Ce parcours de 100 jours serait-il obligatoire ?

« Oui, il faut qu’il le soit. Il existe déjà un service citoyen volontaire aujourd’hui. Ceux qui sont motivés peuvent déjà l’accomplir, même si on tente malheureusement de les en dissuader par une série de barrières, comme la perte des allocations familiales ou du chômage. Je ne suis pas pour les obligations, de manière générale. Mais si on ne le fait pas ici, on loupera l’objectif. »

Pourquoi ?

« Parce que seuls ceux qui ont déjà une sensibilité forte par rapport à la société ou par rapport aux autres l’accompliraient. Alors que l’idée est justement d’amener vers un apprentissage tous les autres, qui ne sont pas engagés spontanément dans une forme d’école de vie. »

Qu’est-ce que cela permettrait, en pratique ?

« D’amener l’ensemble des jeunes à une meilleure compréhension de l’autre, de la société, du fait qu’être un citoyen cela donne des droits mais aussi des devoirs. Je suis persuadé que certains en sortiront transformés, que cela leur montrera de nouvelles choses, un nouveau chemin… »

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Inami : le chaos actuel montre la nécessité de remettre à plat l e système de quotas

Inami : le chaos actuel montre la nécessité de remettre à plat le système de quotas

BELGIQUE: Avec la suspension du concours en médecine par le Conseil d’Etat, on revient à la case départ et les numéros Inami des étudiants francophones en médecine en cours d’études risquent à nouveau d’être suspendus. « C’est la chronique d’un désastre annoncé », estime Charlie Le Paige, président de Comac, le mouvement étudiant du PTB.

« Comme le confirme l’arrêt du Conseil d’État, maintenir le système actuel de quotas alors qu’il y a une pénurie de médecins est absurde et injustifié, explique Charlie Le Paige. Avec de nombreux autres acteurs, nous le disons depuis longtemps. Il faut maintenant que les ministres concernés prennent leurs responsabilités et remettent tout ce système à plat. »

En pointant le manque de fondement scientifique des quotas, le Conseil d’État tend bel et bien à confirmer la pénurie constatée sur le terrain. Les chiffres démontrent une pénurie dans plusieurs spécialisations, et certainement en médecine générale. 50 % des communes manquent de généralistes (dont 183 communes sur 308 en Flandre), et la commission de planification s’est déclarée « inquiète » avec des prédictions pour 2037 de 7,94 médecins équivalent temps plein en Flandre et 5,09 en Wallonie pour 10 000 habitants alors que le seuil de pauvreté médicale est à 9 pour 10 000. On estime également qu’il manque aujourd’hui par exemple déjà 700 urgentistes en Belgique. Il faut ajouter à cela le vieillissement de la population, mais aussi l’augmentation des cas de maladies chroniques comme le diabète et l’obésité, qui nécessitent beaucoup de prévention et de suivi, et la hausse des maladies psychiques ces dernières années laisse à penser que les besoins en soins ne feront qu’augmenter les prochaines années. L’accès et la qualité de nos soins de santé sont donc déjà en difficultés et rien ne va s’améliorer en diminuant le nombre d’étudiants en formation. Vouloir limiter leur nombre n’a aucun sens alors qu’il manque cruellement de médecins.

« On peut d’ailleurs d’autant plus s’interroger sur la logique d’une telle limitation des numéros Inami alors que les étudiants venus d’autres pays d’Europe peuvent les obtenir sur simple demande ajoute Charlie Le Paige. Pour combler la pénurie on importe plus de 500 médecins chaque année de l’étranger. 25 % des médecins actuellement en Belgique ont ainsi un diplôme acquis à l’étranger. On voit aujourd’hui qu’une université en Roumanie propose un cursus de médecine libre d’accès, cela veut dire qu’un étudiant belge qui va étudier là-bas est garanti d’avoir un numero inami à son retour en Belgique. Évidemment tous les étudiants ne peuvent pas se le permettre financièrement – ce qui renforce les inégalités – mais cela montre bien l’absurdité de notre système »

Marcourt et De Block devaient s’attendre à de tels recours, leur système ne tient simplement pas la route. De nombreux acteurs du secteur le disent depuis longtemps. « Ce qui bloque notamment c’est que pour accueillir plus de médecins, il faut investir à la fois dans la santé et dans l’enseignement. C’est sur que cela coûte plus cher de former des médecins que d’en importer de l’étranger… On revient toujours sur cette logique d’austérité, et là curieusement il n’y a pas de désaccords entre De Block et Marcourt. Au lieu de laisser dégénérer la situation dans des affrontements stériles aux accents communautaires le fédéral et les communautés doivent prendre leur responsabilité et remettre ce système tout à fait à plat. Cela presse d’autant plus qu’actuellement ce sont non seulement les étudiants et mais aussi tous les patients qui en payent le prix » conclut le président de Comac

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En hommage à Angela Davis, militante communiste, des droits de l ‘homme, et de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, sa/ dirigeant de la Jeunesse communiste Us, ur France Inter

En hommage à Angela Davis, militante communiste, des droits de l’homme, et de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, sa/dirigeant de la Jeunesse communiste Us, ur France Inter

Guillaume Galliene rend hommage à Angela Davis, militante communiste, des droits de l’homme, et de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, sur France Inter :

http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2016/03/guillaume-galliene-rend-hommage-a-angela-davis-militante-communiste-des-droits-de-l-homme-et-de-la-lutte-contre-la-segregation-aux-e

Guillaume Galliene rend hommage à Angela Davis, militante communiste, des droits de l'homme, et de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, sur France Inter

Une émission récente de France inter à écouter sur le combat d’Angela Davis. On y retrouve l’histoire et la parole de cette militante déterminée des droits de l’homme, professeur de philosophie et militante communiste, membre des Black Panthers : Angela Davis et son combat pour la liberté : émission « ça peut pas faire de mal » par Guillaume Galliene

Une émission récente de France inter à écouter sur le combat d’Angela Davis. On y retrouve l’histoire et la parole de cette militante déterminée des droits de l’homme, professeur de philosophie et militante communiste, membre des Black Panthers :

Angela Davis et son combat pour la liberté : émission « ça peut pas faire de mal » par Guillaume Galliene

 » Il était temps de partir. Pour la première fois depuis que nous avions découvert que la police me recherchait, je sortis. Il faisait bien plus sombre que je ne l’avais cru, mais pas assez pour que je cesse de me sentir vulnérable.

Dehors, à découvert, mon chagrin et ma colère s’alourdissaient de peur. Une peur pure et simple, si puissante et si élémentaire que la seule chose à laquelle je pus la comparer était le sentiment d’engloutissement que je ressentais lorsque, enfant, on me laissait dans le noir. Cette chose indescriptible, monstrueuse, était dans mon dos, elle ne me touchait jamais mais elle était toujours prête à l’attaque. Ma vie était maintenant celle d’une fugitive. Toute silhouette étrange pouvait être un agent déguisé, entouré de limiers qui attendaient dans les bosquets les ordres de leur maître. Je devais apprendre à éviter l’ennemi, à le déjouer. Ce serait difficile, mais pas impossible » (Angela Davis)

Cette femme qui fuit la police dans les rues de Los Angeles s’appelle Angela Davis.

En 1970, elle a 26 ans. Elle vient juste d’être nommée professeur de philosophie à l’université de San Diego, en Californie.

Mais elle est aussi communiste, proche des Black Panthers, et elle se bat depuis des années pour libérer le peuple Noir de l’oppression, dans une Amérique encore très ségrégationniste.

Après avoir été accusée (à tort) de complot et de meurtre, elle est contrainte de se cacher.

Au terme d’une traque qui va durer plus de 3 mois, Angela Davis est arrêtée, emprisonnée et risque la peine de mort.

Partout, en Amérique et en Europe, l’opinion publique se mobilise pour crier son innocence. Les Rolling Stones et John Lennon lui écrivent une chanson, Aragon et Sartre défilent à Paris, Jacques Prévert lui adresse un poème.

Ce soir, je vous propose de partir à la découverte de cette héroïne moderne et insoumise, icône du Black Power, pour qui la révolution était une affaire d’honneur : « Quand on s’engage dans la lutte », écrira-t-elle, « ce doit être pour la vie ».

Alors, comment Angela, arrière-petite-fille d’esclave née en 1944, a fait basculer l’histoire des Etats-Unis ?

Voici son autobiographie, écrite « à chaud » à la fin des années 1970, et publiée par la romancière Toni Morrison. Elle est traduite pour la première fois en français, par Cathy Bernheim, aux éditions Aden.

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à COURCELLES-souvret: jeudi 25 août 2016, 19 heures: la redevance Tv, les taxes en question, …

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1999 – 2016: l’ Uck: le Kosovo: la Guerre des Balkans, déclenché e par Madeleine Allbreght et Willy CLAES, alors secrétaire génér al de l’ Otan

1999 – 2016: l’ Uck: le Kosovo: la Guerre des Balkans, déclenchée par Madeleine Allbreght et Willy CLAES, alors secrétaire général de l’ Otan

HIER et AUJOURD’HUI: le KOSOVO à l’ heure terroriste et des corrompus otano – europÉistes,…
des chefs » : le PDK gère le Kosovo comme un fief privé
Les « Dossiers des chefs » : le PDK gère le Kosovo comme un fief privé

Courrier des Balkans: 15 août 2015

Traduit par Belgzim Kamberi

Pour prendre la direction d’une Agence publique, pas besoin de diplômes ni de passer d’entretien, il suffit d’avoir l’aval d’Adem Grabovci et d’Hashim Thaçi… Les écoutes téléphoniques dévoilées par le site Insajderi révèlent comment le PDK a privatisé l’Etat et les institutions publiques, (…)

“Le Soir”: 15 avril 2008

Guerre du Kosovo: un peu d’ Histoire, … (évidemment, pas un mot des attaques terroristes de l’ Uck en Serbie, un des préalables criminels à l’ origine du conflit, …

Le maintien de la paix dans l’ex-Yougoslavie a continué à être à la fois difficile et controversé. L’IFOR et la SFOR ont fait l’objet de nombreuses critiques pour leur incapacité à capturer les dirigeants serbes Radovan Karadžić et Ratko Mladić.

Fin 1998, les relations dans la province serbe du Kosovo entre les autorités serbes et l’armée clandestine des Albanais du Kosovo (l’Armée de Libération du Kosovo (UÇK)) se sont détériorées, avec comme point culminant le massacre de Račak le 15 janvier 1999. L’OTAN estima alors que la solution du conflit ne pourrait être trouvée que par l’envoi d’une force de maintien de la paix afin de s’interposer entre les belligérants.

Le 30 janvier 1999, l’OTAN fit annoncer être prêt à lancer des frappes aériennes contre des cibles yougoslaves, ce qui fut perçu comme une menace pour les deux parties du conflit. À partir du 6 février, M. Solana (“socialiste” européiste espagnol) rencontra les deux protagonistes lors des négociations de Rambouillet, qui échouèrent.

Le 24 mars, L’OTAN lança des attaques aériennes sur des cibles militaires et civiles en Yougoslavie sans l’accord du Conseil de sécurité des Nations unies à cause de l’opposition de la Russie. Il a justifié ces attaques par des motivations humanitaires et par la responsabilité de l’OTAN de maintenir la paix en Europe et de prévenir tout nettoyage ethnique comme ceux qui ont eu lieu pendant la Guerre de Bosnie.

Les 23 et 24 avril, le Conseil nord-atlantique se réunit à Washington où les chefs d’États décident d’un nouveau concept stratégique, qui modifie et amplifie la nature défensive de l’organisation. Cela a permis des interventions humanitaires (?????) dans un plus grand nombre de situations de crise. Cela a également permis l’OTAN de prévenir et de contrôler (????) le développement des crises.

Le 10 juin, les forces serbes se retirent du Kosovo, et M. Solana arrête les attaques, ce qui met officiellement fin à la guerre du Kosovo. Le même jour, la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies autorise l’OTAN à activer l’ARRC avec la Kosovo Force (KFOR) et à occuper la province le 12 juin. M. Solana quitte l’OTAN le 6 octobre et est remplacé par George Robertson.

Le terroriste, parmi ses amis, …:

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Les sales guerres de la France, …

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mardi 2 août 2016

Le mythe de l’Europe en paix depuis 1945 : l’exemple français

Au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris, devant le Congrès, François Hollande affirmait d’un air grave « La France est en guerre ». Il le répète inlassablement après chaque nouvel attentat ; après Nice, il précisait « à l’extérieur et à l’intérieur de la France ». La terre sacrée des droits de l’homme, de la paix et des Lumières se réveille en état de guerre, lâchement attaquée par la barbarie et l’obscurantisme.
Voilà la version de l’histoire à laquelle nous devrions tous adhérer, nous peuples de l’Europe civilisée qui avons réussi à vivre dans la paix depuis septante ans.
En réalité, nous n’avons jamais cessé d’être en guerre. Et la France est un exemple clair de ce permanent état de guerre. Un rappel historique s’impose.

Une époque de guerres ininterrompues

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Le général Giap,
et Ho Chi Minh,

La seconde guerre mondiale à peine terminée, le gouvernement provisoire français, issu des forces de la résistance, souvent pris en exemple par la gauche actuelle, envoie un corps expéditionnaire au Viet Nam (qui fait partie de l’Indochine française à l’époque), pour tenter de mater la guerre d’indépendance. Sous la présidence de Léon Blum, figure politique modèle de la gauche actuelle, l’intervention devient une véritable guerre. La France envoie près d’un demi-million de soldats pour garder sa colonie ; 43.5% de cette armée sont composés de soldats d’autres colonies françaises (Maghreb et Afrique Noire) ! La France sera défaite lors de la bataille de Dien Bien Phu en mai 1954.

Pendant la même période, en 1947, la France organise un massacre à Madagascar, contre la révolte des Malgaches ; entre 11.000 morts, selon les chiffres officiels français et 100.000 selon les résistants malgaches. Là aussi, les troupes de répression françaises sont composées en grande partie de soldats provenant des colonies africaines et maghrébines…

Guerre%2Bde%2BCor%25C3%25A9e.jpgCes guerres intenses n’empêchent pas la France de prendre part pendant la même époque à la guerre de Corée, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953. Une coalition de dix-sept états (dont la Belgique et la Grande-Bretagne), emmenés par les États-Unis, sous bannière ONU, avec pour objectif, tout comme en Indochine de s’opposer aux luttes de libération dirigées par des forces communistes. Ces deux guerres ont fait plus de deux millions de morts. La guerre oubliée de Corée fut une guerre de destruction massive (en termes d’aujourd’hui on appelle ça un génocide), la capitale Pyongyang fut entièrement rasée : « Au début de l’attaque, les 14 et 15 décembre, l’aviation américaine lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à l’aviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à l’aide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951) »[1].

Tant la guerre du Vietnam que la guerre de Corée aboutirent à la partition des deux pays. Le Vietnam obtiendra sa réunification par une nouvelle longue guerre d’indépendance, contre les États-Unis cette fois, en 1975. La Corée quant à elle n’est toujours par réunifiée et toujours occupée, au Sud, par les États-Unis. Voilà le genre de paix dont ont bénéficié les nations autoproclamées civilisées dès la fin de la seconde guerre mondiale. Des guerres vite oubliées chez nous mais par par les peuples concernés.

Et les peuples concernés ne sont pas que les peuples asiatiques. La victoire des Vietnamiens de 1954 contre la métropole française a donné un élan irrésistible aux autres luttes de libération partout en Afrique.
Loin de tirer les leçons de son humiliante défaite au Vietnam, la France a poursuivi sur sa lancée coloniale : « Entre 1960 et 1998, il y a eu 60 interventions militaires françaises en Afrique subsaharienne, dont 23 pour ‘maintien de l’ordre’ au service d’un régime ami, et 14 pour changer un gouvernement disqualifié aux yeux des dirigeants français ! »[2].

La plus célèbre, en ce qui concerne la France, est naturellement la guerre d’Algérie. Je veux seulement revenir sur quelques aspects. Tout d’abord, la position du Parti Communiste Français, pourtant encore auréolé de sa résistance exemplaire à l’occupant nazi, à l’égard des manifestants nationalistes algériens dès la libération. Le 8 mai 1945, une manifestation nationaliste à Sétif est réprimée dans le sang, et la révolte qui s’ensuit sera elle aussi matée avec une violence inouïe. Ici aussi les chiffres varient d’un millier à près de 80.000 selon le point de vue de l’historien.

Comme l’explique Mohammed Harbi, « en France, les forces politiques issues de la Résistance se laissent investir par le parti colonial.  » Je vous ai donné la paix pour dix ans ; si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable », avait averti le général Duval, maître d’œuvre de la répression. Le PCF – qui a qualifié les chefs nationalistes de « provocateurs à gages hitlériens » et demandé que « les meneurs soient passés par les armes » – sera, malgré son revirement ultérieur et sa lutte pour l’amnistie, considéré comme favorable à la colonisation. »

L’ennemi intérieur

Un autre aspect que je veux souligner ici, c’est la création de « l’ennemi intérieur », dans la politique et l’idéologie française, qui a pris corps pendant la guerre d’Algérie. « Le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d’un des plus grands massacres de gens du peuple de l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d’Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le 5 octobre et la répression organisée par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon. La réponse policière sera terrible. Des dizaines d’Algériens, peut-être entre 150 et 200, sont exécutés. Certains corps sont retrouvés dans la Seine. Pendant plusieurs décennies, la mémoire de cet épisode majeur de la guerre d’Algérie sera occultée ».
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Selon Mathieu Rigouste, c’est de cette époque que date le concept d’ennemi intérieur, lié à la présence d’une immigration importante issue de la colonisation : L’histoire du contrôle de l’immigration dans la pensée militaire française permet d’analyser, en observant la reconstruction d’un ennemi intérieur socio-ethnique, la régénération puis la généralisation dans le temps et dans l’espace, d’une technologie conçue pour le contrôle exceptionnel de populations infériorisées ».
En réaction à l’attentat de Nice de juillet 2016, Georges Fenech, le président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015 a proposé la création d' »un Guantanamo à la française ». Il propose de regrouper tous les djihadistes de retour de Syrie dans le centre pénitentiaire de l’île de Ré. Cette idée, qui suscite la polémique, plonge ses racines dans la guerre d’Algérie au cours de laquelle le gouvernement français créa des « camps de regroupement » destinés à placer les résistants du FNL et à les couper ainsi de tout appui dans la population algérienne. Il ne reste plus qu’à introduire officiellement la pratique de la torture en France et la boucle sera bouclée.C’est d’ailleurs un débat délirant au sein du Front National : réintroduction de la torture ou de la peine de mort pour Salah Abdelslam, tout peut être envisagé.

Assassinats politiques à grande échelle

F%25C3%25A9lix%2Bmoumi%25C3%25A9.jpgL’histoire pacifique de la France ne se limite pas aux guerres ; la patrie autoproclamée des droits de l’homme a aussi développé une longue tradition d’assassinats politiques qui a exterminé les dirigeants nationalistes de l’Afrique et du Maghreb. Dans « Retournez les fusils », Jean Ziegler consacre un chapitre aux campagnes d’assassinats politiques organisées par les services secrets européens et développe le cas du Cameroun : « Tous les dirigeants nationalistes sans exception ont été assassinés l’un après l’autre : Ruben UmNyobe, en 1955 déjà, puis ses successeurs Isaac Nyobe Pandjok, David Mitton, Tankeu Noé ». Il raconte le meurtre du jeune médecin Félix-Roland Moumié, chef de l’Union des Populations Camerounaises (UPC) invité à déjeuner à Genève par un « journaliste » français, qui mourut empoisonné la nuit suivante. Le journaliste était en réalité le colonel William Betchel, officier français du SDECE (service de documentation extérieure et de contre-espionnage) qui ne sera jamais condamné pour ce meurtre. Et tant d’autres cas encore…
Il est de bon ton aujourd’hui en Occident de dénoncer la corruption (réelle) de nombre de chefs d’État africains, mais il vaudrait mieux rappeler que nos gouvernements et leurs hommes de main ont assassiné pratiquement tout ce qu’il y avait de dirigeants nationalistes intègres qui voulaient rendre à l’Afrique son indépendance dans la dignité et la justice. En tant que Belge, je ne peux pas ne pas évoquer Patrice Lumumba, sauvagement assassiné par le commandant belge Weber, le 17 janvier 1961, et donc le corps fut ensuite dissous dans l’acide. Ses fils se battent toujours en vain aujourd’hui pour la condamnation des coupables et de l’État belge. Comme le rappelle Jean Ziegler : « Cette criminalité d’État fut implacable : il fallait, à tout prix, éliminer les leaders nationalistes authentiques afin de remettre le « pouvoir » à des « élites » autochtones préparées, suscitées et contrôlées par le colonisateur ». Tuer Lumumba pour installer la marionnette Mobutu.

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Guerres, torture, assassinats politiques, voilà les vrais visages de cette France porteuse des Lumières quand elle agit pour défendre son empire colonial et les intérêts de « ses » multinationales, Elf, Total, Areva, Bolloré, Eramet, Technip, Bouygues, Orange, Geocoton, Rougier, etc. Et il ne s’agit pas d’une histoire ancienne mais de la vie quotidienne pour des millions d’Africains.

Ce qu’il y a de nouveau aujourd’hui, c’est que la guerre, ou du moins une infime fraction, a ses retombées chez nous, sur le sol français ou le sol belge. Des victimes civiles tombent, totalement innocentes, et plongent des familles dans l’horreur. Pourquoi avons-nous fermé les yeux sur tant de victimes innocentes dans le tiers monde, victimes de nos guerres coloniales ? Pourquoi continuons-nous à soutenir des gouvernements, des partis politiques qui perpétuent cette politique ? Si le discours des recruteurs du djihad touchent autant de jeunes, c’est parce qu’il est en grande partie imprégnée d’une rhétorique anti-impérialiste et parce que toutes leurs autres formes de contestation de nos sociétés ont été réprimées. Au lieu de focaliser le débat sur l’aspect religieux du phénomène, il serait plus productif d’aborder son aspect politique et de faire un bilan correct de « nos » politiques coloniales et néocoloniales. Même si les chefs de Daesh n’ont rien à voir avec les dirigeants nationalistes du siècle passé, ils peuvent occuper une place laissée vide par notre silence assourdissant sur 70 ans de politique coloniale faite de guerres et de massacres. Mais pour briser ce silence, nous ne pouvons rien attendre ni des partis au pouvoir ni des partis de l’opposition, car s’en prendre au colonialisme, c’est à coup sûr perdre des voix. Et pourtant, comme le dit Jean Ziegler, il faut « choisir son camp » : celui de ceux qui, malgré la répression et les massacres ont continué à résister, et si, chez nous, ils ont toujours été une très petite minorité, ce sont pourtant les Henri Alleg, les membres du Réseau Janson, les porteurs de valise anonymes qui peuvent encore nous faire aimer la France.

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Henri Alleg, auteur de « La question », qui dénonçait l’usage de la torture en Algérie

http://chaoscontrole.canalblog.com/archives/2013/04/23/26991804.html
Francis Azalier, Colonialisme et impérialisme : « l’exception française » ou « le mythe humaniste », in Une mauvaise décolonisation, La France : de l’Empire aux émeutes des quartiers populaires, Le temps des cerises, Pantin, 2007, p36-37

Mohammed Harbi, Faces cachées de la seconde guerre mondiale La guerre d’Algérie a commencé à Sétif. Le Monde diplomatique, mai 2005, page 21 ; http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/HARBI/12191
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/17-octobre-1961-ce-massacre-a-ete-occulte-de-la-memoire-collective_1586418_3224.html

Mathieu Rigouste, L’ennemi intérieur, de la guerre coloniale au contrôle sécuritaire, https://conflits.revues.org/3128

Jean Ziegler, Retournez les fusils, Choisir son camp, Éditions du Seuil, Paris, 2014, pp 199-200

Idem, p 198

http://www.afrique-demain.org/economie-140-place-des-entreprises-francaises-en-afrique-subsaharienne

Voir mon précédent article : 25 ans après la révolte des jeunes à Forest : Première, deuxième, troisième génération, toujours la répression… http://nadinerosarosso.blogspot.be/2016/05/25-ans-apres-la-revolte-des-jeunes.html

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