L’Armée syrienne libre en pourparlers avec des hauts responsable s d’Assad

From: EditionsDémocrite
Sent: Tuesday, October 1, 2013 4:49 PM

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L’Armée syrienne libre en pourparlers avec des hauts responsables d’Assad

L’approche secrète au Président pourrait remodeler toute la guerre

par Robert Fisk

« Information Clearing House – The Independent  » 30 septembre 2013 – Il y a six semaines, une délégation de deux personnes est arrivée secrètement à Damas: des civils en provenance d’Alep représentant des éléments de l’Armée syrienne libre, le groupe rebelle en grande partie composé de déserteurs de l’armée du régime lors de la première année de la guerre. Ils s’étaient assurés de leur sécurité en rencontrant, me dit-on, un haut responsable du gouvernement de Bachar al-Assad. Ils étaient porteur d’une initiative extraordinaire – la possibilité d’engager des pourparlers entre le gouvernement et les officiers de l’ASL qui « croyaient en une solution syrienne » à la guerre.

La délégation a soumit quatre points: il doit y avoir un «dialogue interne syrien»; les propriétés privées et publiques devront être maintenues; la fin et une condamnation des conflits civils, sectaires, ethniques, et que tous devront travailler pour une Syrie démocratique, où la primauté du droit s’imposerait. Il n’y avait pas d’exigence – au moins à ce stade – pour le départ d’Assad.

La réponse est apparemment arrivée rapidement. Il devrait certainement y avoir « un dialogue au sein de la patrie syrienne»; aucune condition préalable pour le dialogue mais la garantie présidentielle pour la sécurité des participants de l’ASL. Et maintenant, il semblerait qu’un autre développement remarquable soit en cours: dans sept zones tenues par les rebelles d’Alep, la plupart d’entre elles sous le contrôle de l’ASL, les fonctionnaires peuvent retourner travailler à leurs bureaux, les institutions gouvernementales et les écoles peuvent rouvrir. Les étudiants qui sont devenus des miliciens au cours des deux dernières années seront désarmés et retourneront à leurs salles de classe.

Certains membres de l’ASL ont formé ce qu’ils appellent «l’Union nationale pour le sauvetage de la Syrie», bien que des membres de l’opposition politique dans les zones hors du contrôle gouvernemental aient perturbé des réunions en condamnant l’armée gouvernementale et, selon des participants de «l’Union», faisant des remarques sectaires condamnant les chiites et l’Iran. La semaine dernière, il y a eu plusieurs défections d’unités ASL à al-Nusra lié à al-Qaïda, ce qui a compliqué encore les choses. Si l’ASL est prête à discuter avec le régime, combien restera-t-il maintenant d’opposants [hors al-Nusra – NdT] pour prendre part aux futurs accords entre les deux parties?

Depuis des mois, les responsables pro-régime ont exploré comment ils pourraient gagner les déserteurs de l’armée – alors que la croissance d’al-Nusra et d’autres groupes islamistes a certainement désillusionné plusieurs milliers d’hommes de l’ASL qui estiment que leur propre révolution contre le gouvernement leur a été volée. Et dans les zones de la province de Homs, c’est un fait que les combats entre l’ASL et l’armée ont pratiquement cessé. Dans certains villages et villes tenus par le gouvernement, les combattants de l’ASL déjà présents ne sont pas molestés.

Les avantages d’Assad sont clairs. Si les hommes de l’ASL peuvent être persuadés de revenir en toute sécurité dans les rangs de l’armée du régime, de vastes zones de territoire tenues par les rebelles passeraient, sans coup férir sous contrôle du gouvernement. Une armée renforcée par ses déserteurs de jadis, pourrait alors se retourner contre al-Nusra et des affiliés d’al-Qaïda au nom de l’unité nationale.

Les combattants islamistes dans l’opposition syrienne sont certainement une source de profonde préoccupation pour tout ceux impliqués dans la guerre – pas moins, bien sûr, les étasuniens, qui continuent de tergiverser quant à savoir s’ils doivent donner des armes aux rebelles. Si l’administration étasunienne avait, par exemple, suivi les conseils de John McCain quelques-unes des armes données à l’ASL seraient déjà entre les mains d’al-Nusra surtout maintenant que trois unités de l’ASL a rallié les islamistes. Les combattants en Syrie sont quant à eux en train de devenir une menace sérieuse à l’existence même des chrétiens du pays. Les évêques et les patriarches de toute la région se sont réunis à Beyrouth vendredi dernier pour se lamenter sur l’exode des chrétiens du Moyen-Orient, le catholique maronite Bechara Rai Cardinal du Liban a décrit comment pour les chrétiens le «printemps arabe» s’était transformé en hiver, en fer et en feu».

Les prélats étaient particulièrement bouleversés par l’énormité des dégâts aux églises de Raqqa – maintenant sous contrôle du groupe al-Nusra – et de l’ attaque d’al-Nusra sur Maaloula. J’ai vu moi-même la semaine dernière la perversité de l’assaut contre une ville à majorité chrétienne au nord de Damas. Dans les foyers chrétiens, les crucifix avaient été brisées et les envahisseurs d’al-Nusra semblaient prendre un malin plaisir à démolir les maisons. [….]

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A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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