BRUXELLES: Un nouveau rassemblement pour Bahar Kimyongür

C’est en EURO-DICTATURE capitaliste …
RoRo

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Sent: Thursday, November 28, 2013 4:17 PM

Subject: Un nouveau rassemblement pour Bahar Kimyongür

http://www.info-turk.be/423.htm#rassemblement

Un nouveau rassemblement pour Bahar Kimyongür

Appel du Clea – Jeudi 28 novembre 2013

Ce dimanche 1er décembre devant l’Ambassade d’Italie
à 15 heures – 28, rue Émile Claus à 1050 Bruxelles (*)

En raison de ses opinions, Bahar Kimyongür est incarcéré depuis le 21 novembre à la prison de Bergame. Sur ordre de la Turquie.

Lundi prochain, le citoyen belge passera devant un juge italien. Lors de cette audience, l’avocat de Bahar demandera sa mise en liberté.

A la veille de ce rendez-vous crucial, le CLEA vous invite ce dimanche 1er décembre à venir nombreux, dès 15 heures, devant l’Ambassade d’Italie à Bruxelles, afin de soutenir l’initiative de Maître Federico Romoli.

Il est nécessaire de maintenir la pression sur les autorités italiennes.
Ce dimanche, montrons-leur notre détermination à voir Bahar Kimyongür libéré immédiatement!

Le Comité pour la liberté
d’expression et d’association
www.leclea.be

(*) La rue Émile Claus relie l’avenue Louise à la chaussée de Waterloo (à la hauteur de la Bascule)

Manifestation devant le consulat d’Italie pour Kimyongür

Cent cinquante personnes ont manifesté lundi après-midi devant le consulat d’Italie à Bruxelles pour exiger la libération de Bahar Kimyongür, un ressortissant belge d’origine turque, arrêté jeudi dernier à Milan sur la base d’un mandat d’arrêt émis par la Turquie. L’activiste politique s’était rendu en Italie pour y participer à une conférence sur la Syrie.

« Cet été, plus de deux millions de personnes ont réclamé la démission du Premier ministre turc Erdogan et de son régime répressif », a indiqué Daniel Flinker, porte-parole du Clea (Comité pour la liberté d’expression et d’association).

« En réponse, une terreur de masse s’est abattue sur les contestataires qui, tous, sont considérés comme des terroristes par le gouvernement turc. Or, ce dernier qui n’a pas hésité à tirer sur sa propre population accuse Bahar Kimyongür d’être un terroriste. » « Après quatre procès et deux cassations, la justice belge a innocenté Kimyongür de cette charge. En 2006, la justice néerlandaise a refusé de l’extrader mais malgré cela, la Turquie continue sa persécution. La Belgique doit tout faire pour empêcher qu’il soit livré aux bourreaux qu’il critique. Bahar Kimyongür n’a pas commis de délit, à moins de considérer que la dénonciation des exactions d’Ankara en soit un », a-t-il complété.

Les manifestants ont rappelé que s’exprimer, s’organiser et contester n’étaient pas des actes terroristes. Selon eux, cette nouvelle arrestation de Bahar Kimyöngur est une atteinte à la liberté d’expression. (Belga, 25 nov 2013)

Discours de Daniel Flinker lors du rassemblement pour la libération de Bahar Kimyongür:

Plus de deux millions de personnes, dans quatre-vingts villes, ont manifesté cet été en Turquie.

Leur volonté : la démission du Premier ministre ; leur cri de ralliement : « La révolte est partout ! » ; leur ambition : mettre fin au régime autoritaire en place à Ankara…

Policière, voilà l’unique réponse du gouvernement au mouvement citoyen : la terreur de masse, les balles en caoutchouc, les capsules de gaz tirées à même la tête.

La réaction de l’AKP : considérer les médecins qui portent secours aux manifestants, les avocats qui défendent les contestataires, les journalistes qui rendent compte des événements… les considérer tous comme des terroristes.

L’attitude d’Erdogan face aux protestataires de Gezi et de Taksim : la répression, rien que la répression. Son bilan : 6 morts, 8 500 blessés.

C’est cet État, un État qui tire sur sa propre population ; c’est cet État, un État qui définit tous ceux qui s’opposent à son action comme des criminels, c’est cet État qui accuse Bahar d’être un terroriste.

« Bahar Kimyongür n’est pas un terroriste »… Après quatre procès et deux cassations, tel est le verdict rendu par la justice belge.

« Bahar est un protestataire, un opposant politique », telle est la conviction de la justice hollandaise qui a refusé, dès 2006, de l’extrader vers la Turquie.

Mais la Turquie ne s’intéresse pas à la Justice ; la Turquie continue à s’acharner sur le citoyen belge, continue sa persécution. Au moment même où les autorités turques réprimaient dans le sang les manifestants à Istanbul et Ankara, elles faisaient arrêter Bahar en Espagne où il passait des vacances en famille.

Pour faire face à cette nouvelle atteinte aux droits et aux libertés, un mouvement de solidarité s’est développé en Belgique. A cet égard, 100 représentants de la société civile, parmi lesquels le Secrétaire général de la FGTB wallonne, celui de la FGTB-Bruxelles, celui de la CNE ; les présidents de la Ligue des droits de l’homme francophone et néerlandophone ; des dizaines de professeurs d’université du Nord et du Sud du pays ont posé une demande très claire : la Belgique doit tout faire pour empêcher l’extradition de Bahar vers la Turquie.

Mais il faut croire que Didier Reynders ne lit pas la presse car du côté du ministère des affaires étrangères, c’est le silence radio. Pire : quand le sénateur Benoit Hellings demande par écrit que la Belgique s’occupe de cette affaire, il se voit répondre que Bahar, vu qu’il a un avocat, n’a qu’à se débrouiller tout seul !

Aujourd’hui, pour Bahar, pour sa famille ; pour nous, pour la liberté d’expression, c’est un drame : Bahar est, depuis le 21 novembre, emprisonné à Bergame.

En raison d’un crime ? Bahar n’a commis aucun crime. Pour un délit ? Bahar n’a commis aucun délit. Sauf à considérer la vérité comme un crime, sauf à considérer que critiquer la politique turque est un délit, sauf à considérer que dénoncer les violations des droits de l’homme perpétrées par le régime d’Ankara est une infraction.

Chers amis, l’« affaire Kimyongür » met la démocratie belge à l’épreuve.
La crise économique nous a rappelé que l’Union européenne, c’est l’Europe du fric. Chaque fois qu’il est arrêté, Bahar nous fait découvrir l’Europe des flics !

De la part des mandataires politiques qui n’ont que les mots « démocratie » et « liberté » à la bouche, nous exigeons désormais des actes. Didier Reynders doit prendre ses responsabilités et mettre tout en œuvre pour sortir Bahar Kimyongür de la situation kafkaïenne dont il est la victime et pour empêcher qu’il ne soit remis entre les mains des bourreaux dont il dénonce les crimes.

Bahar est en prison. Notre urgence, c’est sa libération ! L’Italie compte un prisonnier politique car aujourd’hui, un citoyen belge est incarcéré dans ce pays pour ses convictions !

Mesdames, Messieurs, si nous sommes venus aujourd’hui manifester devant le Consulat d’Italie à Bruxelles, c’est pour montrer notre détermination ; pour réclamer, haut et fort : « La liberté pour Bahar ! »

Benkhelifa: Bahar sera-t-il arrêté dans 188 pays différents?

MICHEL COLLON : Après la Belgique, la Hollande et l’Espagne, c’est en Italie cette fois que vient de se faire arrêter Bahar Kimyongür, journaliste et militant pour la paix. Bien qu’il soit à chaque fois innocenté, le dossier étant vide. Derrière cet acharnement, la Turquie démocratique de Monsieur Erdogan qui emprisonne et torture les journalistes. Mais comment est-ce possible ? Bahar va-t-il se faire arrêté dans chaque pays où il se rend ? Théoriquement, c’est possible 188 fois ! Parce que l’arrestation se fait via Interpol, organe de coopération interpolicière qui bafoue ses statuts en procédant à des arrestations politiques. Et parce que le gouvernement belge détourne les yeux. Interview de l’avocate Selma Benkhelifa.

Interview par Maïté Cardon, 23 novembre 2013:

1. Qu’est-ce qu’Interpol et quel rôle joue cette organisation internationale ?

Interpol est une organisation intergouvernementale de coopération policière. Lorsqu’un pays veut arrêter un suspect ou quelqu’un condamné par défaut qui ne se trouve pas sur son territoire, il lance un mandat d’arrêt international. Interpol se charge de la diffuser dans 190 pays. Toutes les polices du monde – ou presque – peuvent arrêter celui ou celle qui fait l’objet d’un tel mandat.

La politique d’Interpol est très opaque et peu démocratique. L’organisation se vante – je cite : « de faciliter la coopération policière internationale, même s’il n’existe aucune relation diplomatique entre les pays concernés ». Or c’est en général avec des pays pas du tout démocratiques qu’il n’y a pas de relation diplomatique.

L’organisation est quasiment inaccessible aux particuliers et il n’existe pas de procédure pour faire annuler le mandat, ni de possibilité légale d’accès au dossier. Les droits de la défense sont inexistants.

Tout au plus on peut lire sur le site d’Interpol que l’organisation agit dans le respect de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dont tout le monde sait qu’elle ne consacre que des droits théoriques.

2. En ce qui concerne l’affaire Bahar, on assiste à un curieux fonctionnement actuel de l’organisation. Pourquoi Interpol continue de faire circuler un mandat d’arrêt contraire à des décisions de justice déjà prises dans plusieurs pays européens ?

Bahar est belge et la Belgique n’extrade pas ses nationaux. C’est ce qui le protège sur le territoire belge. Par contre, dans 188 autres pays, il peut être arrêté à la demande de la Turquie !

Les Pays-Bas ont pris une décision judiciaire indiquant très clairement que le mandat turc était fondé sur des poursuites à caractère politique, ce qui est interdit dans toutes les législations relatives à l’extradition et dans les statuts d’Interpol. Cependant, si le juge hollandais pouvait faire interdiction aux Pays-Bas d’exécuter le mandat, il était par contre sans pouvoir sur le mandat lui-même. En Espagne également, le juge a très vite compris que l’institution était détournée de son but, aux fins de poursuivre un opposant politique. Cependant, tant qu’Interpol ne supprime pas le mandat, Bahar continuera d’être arrêté chaque fois qu’il passera une frontière.

3. Y a t-il une véritable possibilité d’extradition vers la Turquie de la part des autorités italiennes ?

Je ne pense pas. Cependant le risque existe. J’imagine que le but de la Turquie n’est pas seulement d’obtenir son extradition – ce qui est peu probable – mais est aussi de se servir de ce mandat pour le harceler. Je souligne également qu’il n’est pas le seul et que la Turquie est coutumière du fait. Tous les opposants kurdes font aussi l’objet de tels mandats.

4. Y-a-t-il une base légale à cette extradition ? L’extradition n’est-elle pas en principe exclue pour des raisons politiques ?

En Europe, c’est la convention européenne sur l’extradition qui s’applique. L’article 3 prévoit très clairement que les infractions politiques sont exclues de l’extradition. Il est également prévu que s’il y a des raisons sérieuses de croire que les poursuites sont motivées par « des considérations de race, de religion, de nationalité ou d’opinions politiques », l’Etat n’extradera pas.

C’est pour cette raison que Bahar ne peut en principe pas être extradé, mais il peut en permanence être arrêté.

5. Dans cette histoire, quel rôle joue le gouvernement belge ? On pense aux ministres Milquet (Intérieur) et Reynders (Affaires étrangères). Que pourraient-ils faire ?

Bahar est belge. Le rôle de la Belgique est d’empêcher le harcèlement d’un citoyen à des fins politiques. Il n’y a quasiment aucune possibilité pour un simple quidam d’exiger la suppression d’un mandat international. Par contre, les Etats peuvent – et doivent – le faire. Le gouvernement belge et le ministre des Affaires Etrangères ont le devoir de contacter Interpol et d’exiger que soit annulé ce mandat manifestement motivé par une volonté de persécutions politiques.

6. Votre avis sur cette situation qui semble « absurde » ?

La situation est injuste. Les droits de la défense face à Interpol sont réduits à néant. Interpol ne s’adresse qu’aux Etats, le simple citoyen n’est pas un interlocuteur. C’est pourquoi il faut exiger que le gouvernement belge fasse le nécessaire pour faire supprimer ce mandat – et de manière plus générale les mandats dont le caractère politique a été jugé par un tribunal.

Par ailleurs, je pense qu’il faut également envisager de poursuivre Interpol pour faute. Ses statuts lui interdisent de diffuser un mandat à caractère politique. En le faisant, malgré la décision du juge hollandais, Interpol engage sa responsabilité. (http://www.michelcollon.info/Bahar-sera-t-il-arrete-dans-188.html?lang=fr)

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A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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