Moldavie : à l’approche du Sommet de Vilnius, les Communistes mo ntent au créneau

Moldavie : à l’approche du Sommet de Vilnius, les Communistes montent au créneau

De notre envoyée spéciale à Chișinău

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lundi 25 novembre 2013

La Moldavie devrait parapher des accords d’association avec l’Union européenne lors du sommet du partenariat oriental, qui aura lieu à Vilnius, en Lituanie, cette semaine. Alors que l’Ukraine a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne signerait pas ces accords, la pression monte en Moldavie : le Parti des Communistes a organisé samedi un grand rassemblement qui a réuni plus de 15 000 personnes à Chișinău pour réclamer la démission du gouvernement, tout en se gardant bien de se présenter sous un jour anti-européen.

Par Julia Beurq

JPEG - 115.5 ko © Julia Beurq

Dans la matinée de samedi, de nombreux vendeurs de drapeaux se sont installés sur la Place du grand rassemblement national de Chișinău. Trois drapeaux miniatures étaient en vente : celui de la République de Moldavie, de l’Union Européenne, et de la Russie. Ce dernier s’est vendu comme des petits pains. Pourtant, c’est la couleur rouge qui a dominé pendant la manifestation. De nombreux Moldaves – jeunes mais majoritairement d’un âge avancé – tenaient haut la main l’étendard du Parti des Communistes dans l’opposition depuis 2009.

Alors que ces milliers de manifestants ont traversé le boulevard pour rejoindre la scène qui avait été installée face au gouvernement, un long et bruyant cortège les a rejoints. A la tribune, on a souhaité la bienvenue aux différentes délégations venues de tout le pays. En première ligne, des jeunes arboraient une grande banderole sur laquelle on pouvait lire : « à bas le gouvernement ».

Un gouvernement corrompu

Oleg, un ingénieur de 42 ans, est venu avec sa femme pour « soutenir le Parti des Communistes ». « Je ne supporte plus ce gouvernement corrompu qui ne fait rien pour son peuple, mais je n’ai rien contre l’Union européenne » explique-t-il. Ce sentiment est partagé également par Serguei, 31 ans qui travaille dans le domaine des hautes technologies et qui assure être « pour les valeurs démocratiques européennes ».

À l’approche du sommet de Vilnius, le Parti des Communistes en a profité pour réclamer la démission du gouvernement démocrate-libéral de Iurie Leancă formé par la « Coalition pour un gouvernement pro-européen », au pouvoir depuis mai dernier, ainsi que la tenue d’élections législatives anticipées. Des revendications qui ont largement prévalues sur le thème de l’intégration européenne.

Vladimir Voronine, le dirigeant du Parti des Communistes, et l’ancien chef de l’Etat entre 2001 et 2009, est pourtant accusé de tenir un discours anti-européen. A la fin du rassemblement, il s’en est défendu et a rappelé que son parti était celui qui avait ouvert la voie vers l’Union européenne lorsqu’il gouvernait le pays.

Alors que la Russie a mis en place ces derniers mois un boycott des vins moldaves, l’une des grandes richesses de l’ancienne république soviétique, la coalition gouvernementale a organisé le 3 novembre dernier une manifestation pro-européenne qui a réuni des centaines de milliers de personnes à Chișinău. Les autorités ont rappelé à de nombreuses reprises qu’elles désiraient intégrer l’UE.

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A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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