BELGIQUE: 7000 porte-voix de la colère, de la détermination et d e la résistance

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From: LizzP
Sent: Tuesday, September 23, 2014 5:31 PM
Subject: 7000 porte-voix de la colère, de la détermination et de la résistance

23 Septembre 2014

Ils étaient plus de 7 000, sur la place de la Monnaie à Bruxelles, ce mardi 23 septembre. 7000 délégués et militants syndicaux qui portaient la colère et l’inquiétude de leur base, venus de toute la Belgique pour lancer un premier avertissement aux coalitions gouvernementales d’austérité du pays.

Dans les milliers de syndicalistes présents sur la place de la Monnaie, on notait la présence de très nombreuses délégations: du métal, de la chimie, mais aussi de la distribution, de l’alimentation, du bâtiment… Il ne s’agit pourtant que d’une première action. « Nous voulions organiser un premier rassemblement d’avertissement, explique un responsable syndical. Ce n’est pas encore de la grande mobilisation. Mais partout, nos objectifs ont été largement dépassés. On sent que nos délégués sont inquiets, mais aussi prêts à se mobiliser contre les mesures que le gouvernement de droite prépare. »

Colère et combativité sur le terrain…

Des dizaines de militants du PTB ont sondé les manifestants. Dans tous les témoignages récoltés, on sent d’abord une colère générale contre les plans qui veulent faire payer les gens et épargner les riches et les grosses fortunes.

De manière plus précise, et en fonction des situations, les mesures d’allongement des carrières, les attaques contre l’index ou les attaques contre les jeunes familles, en passant par celles contre les services publics ne passent absolument pas. « 80% des travailleurs dans le non-marchand sont dans une forme de crédit-temps. Et on va leur supprimer ! C’est inacceptable », s’indigne un militant. Les travailleurs à pause, eux, ne se voient pas rester au boulot encore plus longtemps, et ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient le faire alors qu’il y a autant de chômage. Et la récente annonce à propos d’un saut d’index sème la colère chez plusieurs : « On veut encore nous appauvrir ! »

Les mesures du Nord du pays ne passent pas non plus : pertes d’emplois dans les services publics, augmentation du prix des crèches ou de l’accueil… Comme l’expliquait bien dans son discours le président de la CSC Marc Leemans, dans chacune des étapes de sa vie (jeunesse, travail, maladie, chômage, pension…), le travailleur sera touché par les mesures concoctées par les gouvernements de droite.

En même temps, de nombreux délégués constataient que « l’inquiétude et la colère montent, mais beaucoup de gens sont encore peu au courant des mesures qui s’annoncent. On a encore un grand travail d’information et de sensibilisation à faire. »

…et à la tribune

Les discours des responsables syndicaux à la tribune étaient particulièrement combatifs. Ils ont tous terminé en lançant « à très bientôt ! », histoire de souligner que le mouvement social n’est qu’au début de sa mobilisation.

Marc Leemans expliquait : « Bientôt, ils serviront un maigre et immangeable repas de survie aux travailleurs et à tous ceux qui doivent se débrouiller avec une allocation sociale. Alors que les riches, les grosses fortunes, eux, ont droit à un banquet de fête. Il faut que cette coalition « suédoise » arrête cette folie. Il faut arrêter d’affamer les travailleurs et les chômeurs. Il faut arrêter de chouchouter les élites financières. » Marie-Hélène Ska, de la CSC, a appelé à « oser un impôt sur la fortune qui rapporterait 6 milliards, oser investir dans des services publics de qualité du 21e siècle, oser investir dans la jeunesse au lieu de la stigmatiser ». Elle a également dénoncé « la régression sociale » qui se prépare.

« Aujourd’hui, notre résistance a démarré, a lancé Rudy De Leeuw, le président de la FGTB. Votre résistance. La résistance contre les plans de cette coalition kamikaze antisociale au service des riches et des grandes entreprises. La résistance contre une idéologie qui veut accumuler la richesse sur notre dos à nous, les travailleurs. » Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, a résumé : le gouvernement des droites « veut la peau des travailleurs ».

Le PTB et son Plan Cactus…

Comme à son habitude, le PTB était présent avec des dizaines de militants pour soutenir la mobilisation sociale. Son président, Peter Mertens, ses deux parlementaires fédéraux – Raoul Hedebouw et Marco Van Hees – et ses six parlementaires régionaux étaient également bien visibles. « Ce fut aussi pour nous l’occasion de diffuser notre Plan Cactus, explique Peter Mertens. Des alternatives existent. L’austérité n’est pas une fatalité. Comme cela a été dit plusieurs fois lors de ce rassemblement, il faut oser investir dans des innovations sociales, écologiques et démocratiques. Plutôt que s’enfoncer dans une politique sans fin de cadeaux pour les fortunés, les grandes entreprises et le nucléaire. Et on sent, à l’accueil reçu par nos militants, qu’il y a une grande envie de sortir des sentiers battus et de trouver des alternatives véritablement ancrées à gauche. »

Marc Leemans, le président de la CSC a tenu un discours particulièrement combatif. Extraits :

« Bientôt, ils serviront un maigre et immangeable repas de survie aux travailleurs et à tous ceux qui doivent se débrouiller avec une allocation sociale. Alors que les riches, les grosses fortunes, eux, ont droit à un banquet de fête. Il faut que cette coalition « suédoise » arrête cette folie. Il faut arrêter d’affamer les travailleurs et les chômeurs. Il faut arrêter de chouchouter les élites financières. »

« Parce que les travailleurs, à chaque phase de leur carrière, se verront présenter la facture. Le jeune qui a fini ses études ne reçoit pas d’allocation d’attente. Celui qui travaille voit se réduire son pouvoir d’achat. En milieu de carrière, on perd son crédit-temps. Celui qui a perdu son emploi va passer des allocations de chômage à l’aide sociale. Le travailleur plus âgé perd tout aménagement de conditions de travail, perd toute possibilité de prépension ou de chômage avec complément de l’employeur. Et oubliez la pension anticipée. Tout le monde doit travailler plus longtemps, et pour encore moins de pension.
Quant aux Flamands « qui travaillent dur », il reçoivent encore quelques extras : des crèches plus chères, moins d’allocations familiales et une augmentation des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur. Il n’y a pas une seule phase de la vie où vos revenus ne soient pas diminués. »

(Le projet de la coalition Monaco est un projet) « qui offre aux entreprises et aux riches une autoroute pour foncer pleins gaz. Avec moins de contrôles du fisc. Moins de contribution à la solidarité. Moins de droits pour les travailleurs. Moins d’attention à l’environnement et au climat. Moins de concertation avec les partenaires sociaux. Et – lorsqu’on entend certains – moins de syndicats. »

Tags:
#larésistancesociale

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A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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