CHARLEROI: Paul Magnette, entre application de l’austérité et le déni de démocratie

Sent: Thursday, November 27, 2014 4:27 PM
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Paul Magnette, entre application de l’austérité et le déni de démocratie

27 Novembre 2014

Le mardi 25 novembre 2014 s’est tenu un conseil communal passablement agité. Giliciens, Jumetois, Montagnards, activistes pour les droits des femmes et autres citoyens étaient venus se faire entendre par les conseillers communaux et le bourgmestre de la ville. Cette présence n’était manifestement pas du goût de Paul Magnette (PS) qui parle d’instrumentalisation de ces groupes par le PTB et qui a été jusqu’à suspendre la séance comme mesure de rétorsion. Mais qu’en est-il exactement ?

La présence citoyenne, et on peut s’en réjouir, était effectivement massive ce mardi soir. Les tenants du folklore jumetois étaient venus en fanfare pour défendre leur hôtel de ville que la ville laisse se dégrader. Exemple du patrimoine culturel de notre région, le projet de ces citoyens serait d’en faire un musée dévoué à l’histoire du folklore local au lieu de laisser ce bâtiment devenir un chancre. Des citoyens de Montigines-sur-Sambre étaient présents pour défendre leur maison de quartier, lieu de rencontre nécessaire dans les quartiers, d’une menace de fermeture. Des citoyens de Gilly avaient aussi fait le déplacement, car la survie de leur piscine de quartier semble réellement menacée. Enfin, vu le vote d’un nouveau règlement procédant à l’exclusion des prostituées de leurs zones d’accueil habituelles à Charleroi, plusieurs associations et activistes pour les droits des femmes étaient aussi présentes ce soir-là.

Publication by Bruno Stas.

Une surprise pour Magnette, l’injuste austérité suscite la colère

Depuis sa prise de fonction en 2012, Magnette peut être considéré comme le bourgmestre de l’austérité. Le fil rouge de son travail n’est autre que le plan de gestion élaboré par son actuel receveur, Hernotte. Ce plan prévoit la fermeture de piscines, l’augmentation du prix des services communaux, le non-remplacement d’un personnel vieillissant et sous tension permanente, l’augmentation de taxes communales et autres joyeusetés qui ne peuvent évidemment pas satisfaire des citoyens carolos qui ont dur à faire face aux difficultés causées par la crise.

C’est ainsi qu’il y a quelques semaines Magnette et son équipe annonçaient qu’il faudrait faire l’an prochain 8 millions d’euros de coupes budgétaires si Charleroi ne reçois pas l’aide de la Région Wallonne (Note de RoRo: mais la Région wallonne, c’ est aussi lui et son équipe de ministres Ps et Cdh!). Sur un budget annuel de 400 millions, ça fait mal. C’est ainsi que Magnette a évoqué il y a quelques semaines la nécessité de se séparer de centaines d’agents de la ville. C’est face à une mobilisation sans précédent de près de 1000 travailleurs communaux venus au conseil communal que le collège a reculé et proposé une concertation.

Ces mesures d’austérité communales, qui deviendront plus claires lors du vote du budget, s’ajoutent à la cohorte de mesures fédérales et régionales qui s’abattent sur les citoyens de Charleroi. L’idée est très claire qu’avec les mesures du fédéral, ce sont « toudi les p’tits qu’on s’potch » et les millionnaires et les multinationales semblent miraculeusement épargnés par ce vent d’austérité. Mais, pour beaucoup de Carolos, tous les niveaux de pouvoirs leur font payer une crise dont ils ne sont pas responsables. Et le fait que Magnette est à la tête de la Ville de Charleroi et de la Région Wallonne fait qu’il porte une énorme responsabilité dans ces politiques d’austérité. Comment les gens ne seraient-ils pas en colère ? Cette colère n’est évidemment pas suscitée par le PTB, mais bien par ces mesures draconiennes et injustes.

Paul Magnette : proche ou loin de la rue ?

On parle souvent au sein du PS de revenir aux fondamentaux, de retourner militer dans la rue, de se rapprocher des gens. L’emploi du temps de Monsieur Magnette nous est inconnu, mais il semble qu’il soit souvent absent de ce genre de discussions. Comme l’évoque un journaliste à propos du conseil communal de mardi, on ne peut en tous cas pas accuser les citoyens carolos de manquer d’intérêt pour la vie politique communale. Et c’est une très bonne chose ! La démocratie ne se limite pas à procéder à un vote et ensuite à attendre 6 ans plus tard pour le bilan. Une démocratie qui fonctionne est une démocratie participative et agissante. Monsieur Magnette ne semble pas être de cet avis. Il peste contre la présence d’éventuelles caméras lors de la séance du conseil communal, il exige que les interventions soient limitées dans le temps. Il est d’ailleurs remarquable de constater que la séance du conseil communal de Charleroi est probablement une des plus courtes du royaume. Elle finit bien souvent vers 20h30 après avoir débuté à 18H30. Est-ce que 2h de débat par mois suffit réellement à diriger une métropole de 200 000 personnes comme Charleroi ? Il y a de quoi en douter.

En vérité, une ville comme Charleroi a besoin de plus de démocratie et non pas de moins de démocratie. Il existe des procédures prévues pour permettre au citoyen d’intervenir dans le débat communal. C’est important de les faire connaître pour permettre aux citoyens carolos de s’en saisir. Il est possible de formuler une question écrite, de procéder à une interpellation, de faire inscrire un point à l’ordre du jour, d’organiser une consultation populaire ou d’entrer dans un conseil consultatif. Même si les limitations à ces procédures sont nombreuses, le premier combat est de les faire connaître et de permettre aux citoyens de les utiliser. Le second combat est d’élargir cette participation et la transparence du travail communal. Par exemple, pourquoi ne pas demander à la télévision locale de diffuser l’ensemble de la séance du conseil communal ? En TV ou sur Internet. Ce serait déjà une bonne mesure pour plus impliquer les citoyens dans la vie de leur commune.

Le PTB instrumentalise les carolos ?

Dans la presse, Magnette se plaint du fait que le PTB instrumentaliserait les groupes qui se rendent au conseil communal. Le code de démocratie local prévoit, sauf huis clos, l’accès public aux séances du conseil communal. De mémoire de Carolos, c’est un droit qui a toujours été utilisé par les citoyens. On se rappellera les mobilisations associatives et citoyennes lors de l’augmentation drastique de la taxe poubelle en 2005. On se rappellera aussi les mobilisations identiques au moment du vote légiférant la circulation des mendiants il y a quelques mois. Ces mobilisations ont bien souvent mené à des victoires, petites ou grandes, sur le fond de ces mesures ou pour obtenir concertation quant à la mise en place de ces mesures. Toute notre histoire sociale est émaillée de telles mobilisations. Nos acquis sociaux viennent de là. Tout homme de gauche ne peut que les soutenir. Plus récemment, le conseil communal s’est retrouvé « envahi » par près d’un millier de travailleurs inquiets d’avoir entendu des rumeurs de licenciement collectif à la Ville. Ces travailleurs ne sont pas venus là à l’appel du PTB. Ils se sont rendus au conseil communal pour y exprimer leur colère et leurs craintes. C’est la même chose pour les multiples comités de citoyens et associations qui ont défilé au conseil communal au cours de ces deux dernières années pour protester contre toute une série de mesures prises par Magnette et son collège : suppression des bus pour les plaines de jeux, interdiction de faire des fêtes dans les écoles, fermeture de piscine, fermeture de maison de quartier, exclusion des mendiants du centre-ville, exclusion des prostituées… Ramener ces mobilisations à une instrumentalisation du PTB, c’est offenser tous ces citoyens qui marquent leur mécontentement sur la politique menée à Charleroi. Le PTB a par contre choisi d’être à leurs côtés.

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Paul MagnettePS#larésistanesociale

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A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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