Vous êtes assis? Combien Nicolas Sarkozy a-t-il coûté à la Répub lique depuis mai

Vous êtes assis? Combien Nicolas Sarkozy a-t-il coûté à la République depuis mai 2012

République bananière ou monarchie camouflée?

************************

Après la passation de pouvoir le 15 mai 2012 avec François Hollande,
Nicolas Sarkozy quitte l’Elysée à bord d’une Citroën flambant neuve achetée 44
141 € par la République quatre jours plus tôt. ARCHIVE LP/OLIVIER CORSAN
Tout ancien président de la République dispose, depuis 1985, d’avantages
«pour services rendus» lorsqu’il quitte l’Elysée. Si l’on sait, selon les
calculs du député socialiste René Dosières, qu’un «ex» coûte 1,5 à 2 millions
d’euros par an à l’Etat, on ignorait jusque là le détail des frais engagés
par la République pour ses anciens chefs.
Alors que plusieurs députés socialistes réclament que Nicolas Sarkozy
renonce à ces avantages, maintenant qu’il est redevenu le chef de l’UMP,
Médiapart en publie le détail chiffré.

Un ancien élu écologiste grenoblois, Raymond Avrillier, «tombeur» d’Alain
Carignon en 1994 et à l’origine de l’affaire des sondages de l’Elysée sous
la présidence de Nicolas Sarkozy, a obtenu de Matignon, au bout de quatre
mois d’effort, le détail des dépenses de Nicolas Sarkozy depuis la fin de
son mandat en mai 2012. Le site Médiapart publie le détail de ces comptes, de
mai 2012 à décembre 2014.

Comme ses prédécesseurs de la Ve République, Nicolas Sarkozy bénéficie de
gardes du corps, d’une voiture et de locaux depuis la fin de son mandat
présidentiel.

Ses bureaux privés, payés par l’Etat, sont installés rue de Miromesnil. Ce
magnifique appartement de 320 m² répartis en onze pièces, dont une classée
à l’inventaire des Monuments historiques, est loué 16 431 € par mois, soit
près de 200 000 € par an. Il a fallu le meubler, et pour cela la
République a dépensé 56 724 € de meubles, bureaux, fournitures diverses, ainsi que 8
513€ pour le déménagement des cartons du Faubourg Saint-Honoré. En 2014,
les frais d’entretien, de nettoyage, la facture d’électricité, celle des
téléphones fixes et mobiles, le papier et les timbres, ont coûté 215 392 €
selon les documents obtenus par Avrillier. A cela s’ajoutent un peu moins de
10 000 € par an d’essence et d’entretien de la voiture présidentielle, une
Citroën C6V6 HDI Exclusive achetée 44 141 € le 11 mai 2012 dans une
concession de Levallois-Perret.

Le seul ex-président qui n’est pas à la retraite

La dépense la plus importante est celle des salaires des collaborateurs de
l’ancien président. Dix personnes travaillent à plein temps au 77 rue de
Miromesnil (Paris VIIIe). Parmi les cinq fonctionnaires, on dénombre deux
chauffeurs, l’un détaché du ministère de l’Intérieur, l’autre du conseil
général des Hauts-de-Seine, un intendant, et deux officiers de sécurité. La
liste n’inclut pas les effectifs attachés à la protection du domicile du
président et de sa femme dans une impasse privée du XVIe arrondissement. Parmi
les cinq collaborateurs contractuels, qui touchent de 5 247 à 7 020 € par
mois de salaire, figurent Consuelo Remmert, la demi-sœur de Carla
Bruni-Sarkozy, ancienne conseillère à l’Elysée chargée aujourd’hui de gérer la
diplomatie de Nicolas Sarkozy ainsi que ses conférences internationales, première
source de revenus de l’ancien chef d’Etat. Véronique Waché, fidèle attachée
de presse, affirme à Médiapart qu’elle a depuis la fin novembre été
embauchée «à 100 %» par l’UMP où elle continue de gérer la communication de son
champion, redevenu président du parti. Michel Gaudin, préfet à la retraite,
ne toucherait non plus, selon Véronique Waché, aucune rétribution pour son
poste de directeur de cabinet.

Au total, la facture de ces dix collaborateurs de mai 2012 à décembre 2014
a représenté 1,76 millions d’euros nets, 2,3 millions environ en tenant
compte des cotisations patronales.

S’il ne coûte pas plus cher, en moyenne, que ses prédécesseurs, Nicolas
Sarkozy n’est pas, contrairement à eux, à la retraite. Raymond Avrillier
compte, toujours selon le site d’investigation, interpeller la Commission
nationale des comptes de campagne et des financements politiques afin de
l’interroger sur le maintien de ces avantages alors que Nicolas Sarkozypréside
l’UMP depuis fin novembre, et qu’il envisagerait d’être à nouveau candidat à
la présidence. Il souhaiterait aussi que les avantages en nature soient à
l’avenir comptabilisés dans les documents qu’il a obtenus.

Combien gagne Nicolas Sarkozy ?

Comme Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy touche
personnellement une indemnité à vie de 6 000 € par mois, soit 192 000 € sur
les 32 mois concernés. Il dispose aussi, ainsi que son épouse, de la
gratuité de ses déplacements avec la SNCF et Air France, «dans la meilleure
classe», précise la lettre signée par Laurent Fabius en 1985, alors Premier
ministre de François Mitterrand, pour institutionnaliser ces avantages aux
anciens serviteurs de la République.

Dans leur livre «Ça reste entre nous, hein ?», les journalistes du
Parisien – Aujourd’hui en France Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel affirment
que chaque conférence internationale, à la demande d’une banque ou d’une
entreprise privée la plupart du temps, rapporte à l’ancien président «entre 100
000 et 150 000 euros», soit, en «une vingtaine de prestations rémunérées
en deux ans et demi, un gain d’environ 2 millions d’euros», qui ne sont
aucunement versés par l’Etat.

A partir du 28 janvier, Nicolas Sarkozy aura 60 ans. Il pourra en outre
toucher en plus sa retraite de parlementaire, lui qui a été député pendant
près de cinq ans dans les Hauts-de-Seine. Elle est estimée à 1900 euros par
mois, une pension pour laquelle il a cotisé pendant ses mandats à
l’Assemblée nationale. A cela s’ajoutent ses retraites de différents mandats locaux,
comme maire de Neuilly-sur-Seine ou président du conseil général des
Hauts-de-Seine. Enfin, l’ancien président ne siège pas au Conseil constitutionnel
et ne perçoit donc pas l’indemnité de 13 000 € qui accompagne cette charge.

Publicités

A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
Cet article a été publié dans Actualités et politique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.