Raoul Hedebouw (PTB): « Charles Michel, c’est du carburant dans les poches des actionnaires, les accises pour les travailleurs »

Raoul Hedebouw (PTB): « Charles Michel, c’est du carburant dans les poches des actionnaires, les accises pour les travailleurs »

13 Octobre 2015

1 nez Michel

auteur:

Service de presse du PTB

« Charles Michel prétend injecter 8,3 milliards de carburant pour l’économie. Le carburant, c’est dans les poches des actionnaires. Les accises et les taxes, c’est pour les travailleurs. Car pour financer les cadeaux à ces actionnaires, toutes les catégories de la population sont mises à contribution : par la perte de pouvoir d’achat, par la baisse de dépenses sociales ou de prestations dans les services publics », a réagi Raoul Hedebouw, député et porte-parole national du PTB, après la Déclaration du gouvernement prononcée aujourd’hui à la Chambre par Charles Michel.

« Si vous n’êtes pas salarié, si vous n’êtes pas malade, sans emploi ou pensionné, si vous n’êtes pas fumeur, si vous ne roulez pas au diesel, si vous ne prenez pas le train, ne buvez ni alcool ou boissons sucrées… alors vous trouverez peut-être votre compte avec ce gouvernement. Pour tous les autres, vous passerez à la caisse, serez mis sous pression ou exclus », rajoute Raoul Hedebouw. Le service d’études du PTB a en effet calculé que la perte globale du pouvoir d’achat des travailleurs du pays se situait à plus d’un milliard d’euros. Et ce malgré les baisses d’impôts. Le montant global des nouvelles taxes et accises ainsi que le saut d’index étant largement supérieur aux baisses d’impôts promises pour 2018.

La farce Michel

« Charles Michel ose également quand il prétend faire de la lutte contre la pauvreté une de ses priorités. Pourtant, la protection sociale pour éviter de tomber dans la pauvreté n’a jamais autant été détricotée. Nous avons calculé que ce gouvernement avait coupé 7 milliards dans les dépenses sociales. Et ne parlons pas des taxes injustes comme l’augmentation de la TVA sur l’énergie, de l’exclusion ou de la diminution des allocations décidées pour les sans-emplois, de la garantie de revenus pour les travailleurs (surtout les travailleuses) à temps partiel… », réagit Raoul Hedebouw.

Plus de 100 000 personnes ont pourtant manifesté la semaine dernière pour exprimer leur ras-le-bol de l’austérité et exiger plus de justice sociale et fiscale. De toute évidence, ils n’ont pas été écoutés. C’est même un Premier ministre farceur qui a déclaré que : « Jamais le capital n’a autant été mis à contribution qu’avec ce gouvernement. » « Il faut oser. Les grandes multinationales n’arrêtent pas de féliciter le gouvernement Michel-De Wever. En une année, elles ont reçu plus de 5,5 milliards d’euros de cadeaux. Et les grosses fortunes du pays doivent encore sabrer aussi le champagne pour avoir évité une nouvelle fois l’impôt sur la fortune ou sur les revenus de la fortune », déclare Raoul Hedebouw.

Le vieux dogme libéral

« De plus, comment prétendre que la création d’emplois est la priorité du gouvernement ? Leur seul argument est la répétition du vieux dogme libéral qui prétend que moins le travail est cher, plus on crée d’emplois. C’est tout le contraire qui est vrai : en détruisant le pouvoir d’achat des travailleurs, on empêche la création d’emplois », insiste Raoul Hedebouw. Le député PTB rajoute : « Là où Charles Michel est le patron, dans les services publics, il fait diminuer l’emploi public. Et il n’a jamais été démontré que la politique de cadeaux aux entreprises a permis de créer des emplois. Une récente étude du PTB a souligné que 70 % des 1 000 plus gros bénéfices réalisés par les grosses entreprises ont été dans la poche des actionnaires l’année dernière. C’est de la pure spéculation de dire qu’elles vont créer des emplois avec plus de cadeaux. C’est pour cela que le PTB défend une toute autre politique, une politique d’investissements publics financés par une taxe des millionnaires, un impôt sur la fortune des gros patrimoines. »

La voix des 100 000 à défendre

Raoul Hedebouw conclut : « La voix des 100 000 qui ont manifesté à Bruxelles la semaine dernière n’a pas été écoutée. Ni celle du monde judiciaire qui dénonce les coupes budgétaires et demande une justice plus accessible aux citoyens. Ni celle rappelant l’urgence écologique et qui dénonce la prolongation du nucléaire et l’absence de politique climatique ambitieuse. Ni celle de la jeunesse qui appelle à un monde plus juste. Nous continuerons à défendre toutes ces voix qui réclament un changement de cap fiscal, social, écologique et démocratique, au Parlement et dans la rue. »

A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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