le gouvernement Michel – De Wever va rendre les travailleurs malades encore plus malades et plus pauvres

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Etude exclusive du PTB : le gouvernement Michel – De Wever va rendre les travailleurs malades encore plus malades et plus pauvres

Une nouvelle étude du service d’études du PTB révèle comment le gouvernement Michel – De Wever va sanctionner lourdement les travailleurs malades en les rendant plus malades encore, en violant le secret médical et les droits des patients et en plongeant les travailleurs malades et leurs familles sous le seuil de pauvreté.

Le docteur Dirk Van Duppen, spécialiste santé du PTB a étudié le projet d’arrêté royal de la ministre Maggie De Block sur la réintégration des malades de longues durée. Cet arrêté royal sanctionne les travailleurs malades de différentes manières.

L’arrêté royal va rendre des malades encore plus malades

Pour le spécialiste santé du PTB, la procédure de réintégration du gouvernement va rendre les travailleurs malades encore plus malades. « Plusieurs études ont montré que le stress chronique est la cause principale de la hausse énorme du nombre de malades de longue durée ces cinq dernières années. La pression des délais courts et stricts prévus va créer un stress supplémentaire aux travailleurs malades. Le caractère contraignant de cette procédure, la menace de graves sanctions financières et la mise hors jeu du médecin traitant sont tous des éléments qui vont rendre les travailleurs encore plus malades qu’ils ne l’étaient. »

L’arrêté royal viole le secret professionnel et les droits des patients

« Mais il y a plus, dénonce le Dr Van Duppen. Cet arrêté royal viole le secret professionnel et va à l’encontre des droits des patients, de la déontologie médicale. Ainsi, selon l’AR, le médecin conseil doit donc évaluer les capacités restantes sans disposer des données médicales nécessaires, sans concertation avec le médecin traitant, sans examen médical et psychosocial du patient, uniquement sur « pièces ». Cette analyse, il doit la faire parvenir au titulaire, au médecin traitant et à l’employeur. Cela constitue une violation du secret professionnel. »

L’arrêté royal va appauvrir encore plus les travailleurs malades

« Par exemple, le travailleur malade qui “ne se présente pas, ne répond pas à la proposition ou se montre insuffisamment coopérant dans l’exécution du plan multidisciplinaire d’intégration convenu perd 10% de son indemnité de maladie” (art. 215novies). D’après une étude de la MC, la moitié des malades chroniques vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Chez les travailleurs invalides qui sont en incapacité de travail depuis plus d’un an, l’indemnité de maladie se situe en moyenne à 23 % en dessous du seuil de pauvreté. Cette sanction accompagnée d’une perte de 10 % de l’indemnité de maladie va plonger un nombre encore plus grand de familles sous le seuil de pauvreté », note le spécialiste santé du PTB.

L’AR touche de très nombreuses personnes

Selon des chiffres de l’INAMI, il y avait en 2012 pas moins de 412 876 personnes en incapacité primaire de travail et percevant une indemnité de maladie, parmi lesquelles 82 813 chômeurs. 186 600 d’entre elles étaient en incapacité depuis plus de deux mois, dont 43 473 au chômage. Si l’AR De Block avait déjà été mis en application, elles auraient dû subir cette procédure effroyable et inhumaine. 38 % étaient en incapacité de travail en raison de troubles psychiques (burn-out, dépression, troubles de l’angoisse) et 25 % en raison d’une pathologie du système ostéo-articulaire.

Deux exemples

Le Dr Van Duppen, médecin et spécialiste santé du PTB, a étudié l’impact de la procédure de réintégration des malades de longue durée mise en place par le gouvernement sur deux patients dont l’anonymat a été préservé :

  • Claire, 51 ans, souffre d’un cancer du sein et est en cours de traitement de chimiothérapie. Elle pourrait être contrainte de reprendre le travail entre deux séances. Elle est en chimiothérapie, en raison de son « état de santé fluctuant ». Lire plus ici.
  • José, 54 ans, souffre d’un burn-out profond. Pour pouvoir récupérer et traiter l’épuisement psychique proprement dit, José reçoit de son médecin traitant une prescription lui ordonnant un congé de maladie de six mois. Ce n’est qu’après qu’un processus de réintégration au travail peut être envisagé. Pourtant, avec l’arrêté royal, le médecin-conseil doit, après 2 mois, opérer une première estimation des capacités de travail restantes de José et l’informer d’un plan de réintégration. Il s’ensuit une procédure de convocation et d’entretient aux délais contraignants, pratiquement impossible de respecter et contre-productif d’un point de vue médical. Le cercle vicieux du burn-out est renforcé et José s’effondre complètement. Lire plus ici.

Le PTB plaide pour une réintégration centrée sur le patient et ses besoins

Peter Mertens, président du PTB, réagit : « Cet arrêté royal ne s’intéresse en rien aux causes de l’énorme augmentation du nombre de malades de longue durée et, en imposant la contrainte au travailleur malade, il en fait porter la responsabilités aux malades eux-mêmes. Il faut s’attaquer à ce qui rend les gens malades, et non aux malades eux-mêmes. Le PTB plaide pour une réintégration centrée sur le patient et ses besoins. Nous disons : il y en a assez pour tout le monde. Au lieu de démanteler le crédit-temps, au lieu de démanteler la pension anticipée et la prépension, au lieu de renvoyer au travail les malades de longue durée, il faut redistribuer le travail. Ce que nous voulons, c’est l’introduction de la semaine de 30 heures afin de réduire la pression du travail. Cela, ce serait enfin une politique de santé prévoyante. »

A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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