Inami : le chaos actuel montre la nécessité de remettre à plat l e système de quotas

Inami : le chaos actuel montre la nécessité de remettre à plat le système de quotas

BELGIQUE: Avec la suspension du concours en médecine par le Conseil d’Etat, on revient à la case départ et les numéros Inami des étudiants francophones en médecine en cours d’études risquent à nouveau d’être suspendus. « C’est la chronique d’un désastre annoncé », estime Charlie Le Paige, président de Comac, le mouvement étudiant du PTB.

« Comme le confirme l’arrêt du Conseil d’État, maintenir le système actuel de quotas alors qu’il y a une pénurie de médecins est absurde et injustifié, explique Charlie Le Paige. Avec de nombreux autres acteurs, nous le disons depuis longtemps. Il faut maintenant que les ministres concernés prennent leurs responsabilités et remettent tout ce système à plat. »

En pointant le manque de fondement scientifique des quotas, le Conseil d’État tend bel et bien à confirmer la pénurie constatée sur le terrain. Les chiffres démontrent une pénurie dans plusieurs spécialisations, et certainement en médecine générale. 50 % des communes manquent de généralistes (dont 183 communes sur 308 en Flandre), et la commission de planification s’est déclarée « inquiète » avec des prédictions pour 2037 de 7,94 médecins équivalent temps plein en Flandre et 5,09 en Wallonie pour 10 000 habitants alors que le seuil de pauvreté médicale est à 9 pour 10 000. On estime également qu’il manque aujourd’hui par exemple déjà 700 urgentistes en Belgique. Il faut ajouter à cela le vieillissement de la population, mais aussi l’augmentation des cas de maladies chroniques comme le diabète et l’obésité, qui nécessitent beaucoup de prévention et de suivi, et la hausse des maladies psychiques ces dernières années laisse à penser que les besoins en soins ne feront qu’augmenter les prochaines années. L’accès et la qualité de nos soins de santé sont donc déjà en difficultés et rien ne va s’améliorer en diminuant le nombre d’étudiants en formation. Vouloir limiter leur nombre n’a aucun sens alors qu’il manque cruellement de médecins.

« On peut d’ailleurs d’autant plus s’interroger sur la logique d’une telle limitation des numéros Inami alors que les étudiants venus d’autres pays d’Europe peuvent les obtenir sur simple demande ajoute Charlie Le Paige. Pour combler la pénurie on importe plus de 500 médecins chaque année de l’étranger. 25 % des médecins actuellement en Belgique ont ainsi un diplôme acquis à l’étranger. On voit aujourd’hui qu’une université en Roumanie propose un cursus de médecine libre d’accès, cela veut dire qu’un étudiant belge qui va étudier là-bas est garanti d’avoir un numero inami à son retour en Belgique. Évidemment tous les étudiants ne peuvent pas se le permettre financièrement – ce qui renforce les inégalités – mais cela montre bien l’absurdité de notre système »

Marcourt et De Block devaient s’attendre à de tels recours, leur système ne tient simplement pas la route. De nombreux acteurs du secteur le disent depuis longtemps. « Ce qui bloque notamment c’est que pour accueillir plus de médecins, il faut investir à la fois dans la santé et dans l’enseignement. C’est sur que cela coûte plus cher de former des médecins que d’en importer de l’étranger… On revient toujours sur cette logique d’austérité, et là curieusement il n’y a pas de désaccords entre De Block et Marcourt. Au lieu de laisser dégénérer la situation dans des affrontements stériles aux accents communautaires le fédéral et les communautés doivent prendre leur responsabilité et remettre ce système tout à fait à plat. Cela presse d’autant plus qu’actuellement ce sont non seulement les étudiants et mais aussi tous les patients qui en payent le prix » conclut le président de Comac

A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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