Le PTB fait peur et pourtant, il n’y a rien à voir. Circulez !

Le PTB fait peur et pourtant, il n’y a rien à voir. Circulez !

JACQUES JORDENS·MERCREDI 30 AOÛT 2017

Le PTB c’est avant tout un choix idéologique. On adhère à la philosophie ou pas et c’est justement là toute la différence, un « parti » de travailleurs pour les travailleurs.

Pour ma part, je tire mon chapeau aux militants issus des études universitaires, qui pourraient espérer des rémunérations bien supérieures (comme Raoul et bien d’autres) et qui par pure idéologie abandonnent une partie importante de leurs revenus. Ce qui n’est pas le cas au MR, au CDH et au PS où l’élitisme fait rage depuis l’arrivée d’Elio di Rupo, puisqu’il faut bien comparer, comparons

Pour les membres sympathisants du PTB la cotisation annuelle est de 20 € (2 € de moins qu’au PS). La cotisation d’un membre de groupe est de 5 € par mois, soit 60 € par an avec en prime le mensuel "Solidaire" inclus dans la cotisation mensuelle et l’obligation d’être actif dans les réunions locales et mensuelles, rien d’extraordinaire.

Les rétrocessions financières se font sur base volontaire, et varient en fonction de l’engagement personnel des « militants PTB ». De nouveau rien d’extraordinaire, le processus est connu depuis longtemps et n’a rien de choquant. Ce qui est confidentiel, c’est quand les fiches sont remplies, c’est l’engagement individuel chiffré d’un militant qui devient alors confidentiel.

Ce qui est demandé, voir exigé de la part d’un MANDATAIRE du parti (PTB) c’est d’accepter de vivre avec un salaire moyen d’ouvrier (de +/- 1.700 € à +/- 2.000 € le mois, exprimé en salaire net).

Si cela choque quelqu’un, ce que je peux comprendre, c’est qu’il n’a rien compris à l’idéologie qui est défendue par le PTB, et n’a pas sa place comme militant. C’est une façon aussi pour le parti de s’assurer de la sincérité du militant.

L’info peut bien sûr être connue, rien d’illégal, rien qui puisse être reproché. La transparence des finances du parti est assurée comme la loi, sur la gestion des ASBL, nous l’impose. L’assemblée générale des membres effectifs est souveraine comme partout ailleurs.

L’incompréhension vient du fait qu’être Militant au PTB et être militant au PS, sont deux choses différentes, cela a deux significations différentes. Deux idéologies et deux structures totalement différentes. La signification du mot militant au PTB ne correspond pas à celle du PS où le « militant » correspond à l’adhérent au parti. Le membre de « groupes de bases PTB » n’existe pas au PS et le niveau « militant du PTB » correspond au niveau des « membres directeurs » des USOC. Le parti leur demande un engagement idéologique plus fort.

Les « militants PTB » issus du monde ouvrier ou employé ont généralement des revenus inférieurs et ne sont donc pas ou peu impactés par cet engagement idéologique.

Mais quel est le réel problème ? Où se situe le problème ?

Le problème c’est que les discours de gauche du PS ne font plus illusion. Le problème, c’est que le PS est occupé à disparaître des sondages et qu’il doit trouver un bouc émissaire. C’est donc tout naturellement qu’il déclare à leurs militants :

« Ce n’est pas notre faute, non bien sûr, c’est la faute du PTB, qui est de gauche ! »-

Mais, bien sûr que non, Oufti non, c’est uniquement de la propre faute des oligarques du PS. Les attitudes des membres de l’oligarchie du PS sont déplorables et leur rapport à l’argent pose de gros soucis quand on se dit de gauche. Un parti de “gauche” qui n’est rien d’autre qu’une fédération de fédérations et qui n’est pas capable d’imposer une idéologie de gauche aux arrivistes qui la composent.

Oufti

La particratie avec sa distribution des mandats dérivés et des mandats privés qui en découlent, une distribution de cadeaux aux bons éléments, aux bons petits soldats, est un cancer qu’il faut éradiquer. La particratie est la base du système mafieux mis en place par les partis traditionnels (PS, MR et CDH) et cela nous conduit à connaître les scandales que nous connaissons et que nous découvrons tous les jours.

La démocratie n’existe plus, n’existe pas et n’a d’ailleurs jamais réellement existé en Belgique. La volonté populaire n’est que de façade. Nous vivons en démocratie un jour tous les six ans et nous leur signons un chèque en blanc. Ils le savent très bien, nous avons la mémoire courte ils peuvent donc tout se permettre.

L’idéologie au PS est morte avec André Cools en 1991, il le dénonçait déjà lui-même.

Le PS et le MR ont transmuté, le POB (PS) est aujourd’hui, de centre droit néolibéral et les libéraux n’ont plus rien de libéral, ils sont devenus un mouvement de droite néolibéral. Tous deux font une part trop belle aux investisseurs, à l’argent, à l’oligarchie mondiale représentée par des groupes de pression tout puissants, installés au cœur même de l’Europe. C’est eux qui dirigent dans l’ombre la commission européenne.

Une commission européenne qui impose une véritable dictature fascisante. Une dictature qui se place au-dessus de toutes les « démocraties ». Une Europe qui par son TFU (traité sur le fonctionnement européen) reconnait comme seule armée européenne possible l’OTAN. Une OTAN, pourtant sous commandement américain et à la solde des États-Unis.

Le néolibéralisme conduit à connaître toujours plus d’inégalités sociales.

Avec la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux, ils autorisent ou plutôt institutionnalisent les délocalisations, le dumping social et surtout l’évasion fiscale qui est aujourd’hui un processus tout à fait légal.

Leur arme favorite depuis plus de 30 ans est l’odieux chantage à l’emploi où l’on voit qu’aucune solution mise en place ne peut aboutir qu’à une réduction lente et inexorable du pouvoir d’achat des travailleurs.

Depuis plus de 30 ans nous connaissons une lente descende aux enfers pour les salariés et la classe moyenne. D’autre part on voit que depuis plus de 30 ans, la part rémunératrice consacrée aux investisseurs ne fait qu’augmenter confisquant ainsi une part trop importante des richesses produites sans jamais financer ni le fonctionnement de l’état et ses services régaliens et ni la solidarité interpersonnelle.

Aujourd’hui le paysage politique en Belgique est représenté par des partis à la solde du monde financier. Seul Ecolo et le PTB ne sont pas inféodés à l’argent. Le PTB fait peur au système oligarchique, car il attend patiemment la révolution prolétarienne.

Oui cela fait peur, non pas que le PTB fasse peur, mais bien que notre société ne soit pas capable de proposer autre chose.

Nous connaissons aujourd’hui une dictature « libérale » imposée par une oligarchie financière mondiale. Un néolibéralisme comme modèle de société qui amplifie les inégalités sociales et qui pousse une masse de plus en plus importante de gens dans la précarité. C’est cela qui me fait peur.

Une lutte des classes de plus en plus forte va peut-être nous conduire à connaître cette fameuse révolution prolétarienne et même, si aujourd’hui nous en sommes encore loin, nous y courrons de plus en plus vite.

Oublier l’histoire, c’est nous condamner à la revivre. Les crises du capitalisme nous ont toujours conduits à connaître des guerres, pour du fric, pour du pognon et on sait qui en payent toujours le prix.

Aujourd’hui, nous vivons dans un système financier qui, pour subsister, pour se maintenir exige une certaine croissance minimum. Nous sommes obligés sans cesse de produire toujours plus de richesses financières pour financer les intérêts INDUS de nos emprunts en fausse monnaie. Il faut bien payer les intérêts, nous vivons à crédit et sommes en état de surendettement chronique.

La seule variable d’ajustement, dans le modèle économique actuel, est et restera les salaires de ceux qui produisent réellement la vraie richesse. Toujours réduire les « coûts salariaux ».

Le reste, n’est qu’une richesse virtuelle, un jeu de vases communiquant, où un perd ce que l’autre gagne, un jeu stérile et sans avenir. C’est pourtant cela la spéculation, le jeu boursier, le jeu sordide que pratiquent les investisseurs.

C’est là le véritable problème de notre société, la mort du PS n’en est qu’un épisode, un accident de parcours.

Jacques Jordens

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A propos Romain de Courcelles

militant communiste courcellois a/conseiller communal proche du PTB
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